Full text : Oeuvres complètes

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PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQIIE.
»  argent  du  travail,  qui  doit  toujours  nécessairement  être  tel  qu’il
»  mette  l’ouvrier  en  état  d’acheter  une  quantité  de  blé  suffisante  pour
»  l’entretien  de  sa  personne  et  de  sa  famille,  selon  que  le  maître  qui
»  le  met  en  œuvre  se  trouve  obligé  par  l’état  progressif,  stationnaire
*  ou  décroissant  de  la  société,  de  lui  fournir  cet  entretien  abondant,
•  médiocre  ou  chétif...
w  En  déterminant  le  prix  en  argent  de  toutes  les  autres  parties  du
»  produit  brut  de  la  terre,  il  détermine  celui  des  matières  premières
»  de  toutes  les  manufactures.  En  déterminant  le  prix  en  argent  du
»  travail,  il  détermine  celui  de  la  main-d’œuvre  et  de  toutes  les  ap-»
  plications  de  l’industrie  ;  et  en  déterminant  l’un  et  l’autre  de  ces
«  prix,  il  détermine  le  prix  total  de  l’ouvrage  manufacturé.  Il  faut
»  donc  nécessairement  que  le  prix  en  argent  du  travail,  et  de  toute
«  chose  qui  est  le  produit  de  la  terre  ou  du  travail^  monte  ou  baisse  en
"  proportion  du  prix  en  argent  du  blé.  »
J’ai  déjà  essayé  de  réfuter  cette  opinion  d’Adam  Smith.  En  considérant ­
  la  hausse  du  prix  des  choses  comme  uñe  conséquence  nécessaire ­
  du  renchérissement  du  blé,  il  raisonne  comme  s’il  n’existait
pas  d’autre  fonds  qui  pût  fournir  à  ce  surcroit  de  dépense.  11  a  entièrement ­
  négligé  les  profits  qui  créent  ce  fonds  par  leur  diminution
sans  élever  le  prix  des  produits.  Si  cette  opinion  du  docteur  Smith
était  fondée,  les  profits  ne  pourraient  jamais  tomber  réellement,
quelle  que  fût  l’accumulation  des  capitaux.  Si,  lorsque  les  salaires
haussent,  le  fermier  pouvait  renchérir  son  blé,  et  si  le  marchand  de
drap,  le  chapelier,  le  cordonnier,  et  tout  autre  fabricant  pouvaient
également  augmenter  le  prix  de  leurs  marchandises  en  proportion
du  surhaussement  des  salaires,  le  prix  de  tous  les  produits  de  ces  différents ­
  commerçants  pourrait  bien  hausser,  si  on  l’estimait  en  argent ­
  ;  mais  relativement,  il  resterait  le  même.  Chacun  de  ces  fabricants ­
  pourrait  acheter  la  même  quantité  de  marchandises  aux  autres
fabricants  ;  et  puisque  ce  sont  les  marchandises,  et  non  l’argent,  qui
constituent  la  richesse,  le  reste  leur  importerait  fort  peu.  Tout  le
renchérissement  des  matières  premières  et  des  marchandises  ne  ferait ­
  de  tort  qu’aux  seules  personnes  dont  les  fonds  consisteraient  eu
or  ou  en  argent  ,  ou  dont  le  revenu  annuel  serait  payé  dans  une
quantité  fixe  de  ces  métaux,  sous  la  forme  de  lingots  ou  de  numéraire. ­
  .
Supposons  l’usage  des  monnaies  entièrement  abandonné,  et  tout
commerce  borné  à  des  échanges.  Je  demanderai  si,  dans  un  cas
semhlahle,  la  valeur  échangeable  du  hic  monterait  par  rapport
            
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