Full text : Oeuvres complètes

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CH.  XXV.  —  DU  COMMERCE  COLONIAL,
me  soit  permis  de  croire  que  la  mère-patrie  peut  quelquefois  retirer
un  avantage  des  entraves  aux(juclles  elle  assujettit  les  habitants  de
ses  colonies.  Qui  peut  douter,  par  exemple,  que,  supposant  que  1  Angleterre ­
  fût  une  colonie  de  la  France,  ce  dernier  pays  ne  trouvât
du  profit  à  faire  payer  à  l’Angleterre,  une  forte  prime  sur  l’exportation ­
  du  blé,  du  drap,  ou  de  toute  autre  marchandise?  En  examinant ­
  la  qnestion  des  primes,  et  partant  de  la  supposition  que  le  blé
se  vendait  en  Angleterre  4  1.  st.  le  (quarter,  nous  avons  vu  qu’en
accordant  10  sh.  de  prime  sur  l’exportation,  le  blé  serait  revenu  en
France  à  :11.  10  sh.  Or,  si  le  blé  était  auparavant  à  3  1.  15  sh.  le
quarter  en  France,  le  consommateur  français  aura  gagné  o  sh.  pai
(luarter  sur  tout  le  blé  importé  ;  et  si  le  prix  naturel  du  blé  eu  France
était  auparavant  de  4  1.  les  Français  auraient  gagné  en  totalité  les
10  sh.,  montant  delà  prime.  La  France  profiterait  donc  par  là  de
toute  la  piTte  que  T  Angleterre  aurait  supportée;  elle  ne  gagnerait
pas  seulement  une  partie  de  ce  que  l’Angleterre  aurait  |)erdu;  mais,
dans  quelques  cas,  elle  en  aurait  gagné  la  totalité.
On  pourra  cependant  objecter  qu’une  prime  d’exportation  étant
une  mesure  de  police  intérieure,  ne  peut  pas  facilement  être  imposée
par  la  mère-patrie.
S’il  convenait  à  la  Jamaïque  aussi  bien  qu’à  la  Hollande  de  faire
un  échange  réciproque  des  produits  de  chacun  de  ces  pays,  sans  1  intervention ­
  de  rAngleterre,  il  est  bien  certain  <|ue,  si  l’on  y  mettait
obstacle,  les  intérêts  de  la  Hollande  et  de  la  Jamaïque  en  souffriraient; ­
  mais  si  la  Jamaïque  est  forcée  d’envoyer  ses  produits  en  Angleterre, ­
  pour  les  y  échanger  contre  des  marchandises  hollandaises,
11  y  aura  un  capital  anglais  et  une  agence  anglaise  employés  dans  un
commerce  dans  lequel  ni  l’un  ni  l’autre  n’auraient  été  engagés  sans
cela.  Ce  commerce  y  est  attiré  par  une  prime  que  l’Angleterre  ne  paie
pas,  et  qui  est  payée  par  la  Hollande  et  la  Jamai(|ue.
Que  la  perte  supfM)rtée  en  raison  d’une  distribution  désavantageuse
du  travail  dans  deux  pays,  puisse  être  profitable  à  l’un  des  deux,
tandis  que  l’autre  souffre  une  perte  encore  plus  forte  que  celle  qui
résulte  immédiatement  d’une  telle  distribution,  c’est  une  opinion

(¡u’.Adam  Smith  lui-même  a  adoptée;  et  si  elle  est  vraie,  ce  sera  une
preuve  décisive  qu’une  mesure  qui  peut  être  très-nuisible  à  une
colonie,  peut  être  d’un  avantage  partiel  pour  la  mère-patrie.
En  parlant  des  traités  de  commerce,  Adam  Smith  s’exprime  ainsi.
«  Quand  une  nation  s’oblige,  par  un  traité,  de  permettre  thez  elle
            
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