Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XXVII.  —  de  la  monnaie  ET  DES  BANQUES-  Ziti

11  n  y  a  pas  grand  inconvénient  à  établir  un  droit  modéré  de
monnayage,  surtout  sur  la  monnaie  destinée  au  paiement  des  petites
sommes.  Les  pièces  frappées  acquièrent  en  général  un  surcroît  de  valeur ­
  égal  au  montant  du  droit,  et  cet  impôt  est  par  conséquent  un  de
ceux  qui  n’affectent  nullement  ceux  qui  le  paient,  tant  que  la  quantité ­
  de  monnaie  en  circulation  n’est  pas  excessive.  11  faut  cependant
remarquer  que,  dans  un  pays  où  il  y  a  un  papier-monnaie  en  circulation, ­
  quoique  ceux  qui  l’émettent  soient  tenus  de  le  rembourser  en

especes,  si  le  porteur  l’exige,  il  peut  cependant  arriver  que  ces  billets,
ainsi  que  les  espèces,  soient  dépréciés  de  tout  le  montant  du  droit  de
monnayage  établi  sur  le  métal  reconnu  comme  le  seul  moyen  légal  de
paiement,  et  cela,  avant  que  les  règlements  tendant  à  limiter  la  circulation ­
  du  papier  aient  pu  opérer.  Si  le  droit  de  monnayage  sur  les
pièces  d’or  était,  par  exemple,  de  5  pour  100,  la  monnaie  courante
pourrait,  par  une  forte  émission  de  billets  de  banque,  se  trouver
réellement  dépréciée  de  5  pour  100  avant  que  les  porteurs  de  ces
billets  eussent  trouvé  de  l’intérêt  à  les  échanger  contre  des  espèces
pour  les  fondre  en  lingots.
Nous  ne  serions  jamais  exposés  à  éprouver  une  pareille  dépréciation ­
  ,  s  il  n’existait  point  de  droit  de  monnayage  ;  ou  si,  malgré ­
  l’existence  du  droit,  les  porteurs  de  billets  de  banque  pouvaient ­
  en  demander  le  remboursement  en  lingots,  à  3  1.  17  sli.
10  -  d.,  prix  de  la  monnaie,  et  non  en  espèces  monnayées.  A  moins
donc  que  la  banque  ne  soit  tenue  de  rembourser  scs  billets  eu  lingots ­

  ou  en  espèces  monnayées  au  gré  du  porteur,  la  loi  récente  qui
a  établi  en  Angleterre  un  droit  de  monnayage  de  6  pour  100,  ou  de
quatre  pence  par  once  d’argent,  mais  en  ordonnant  que  l’or  sera  frappé
par  la  monnaie  sans  frais,  est  peut-être  la  mesure  la  plus  sage,  et
la  plus  efficace  pour  empêcher  toute  variation  inutile  dans  '  les
monnaies  *.

„  du  privilège  exclusif  de  fabriquer  ;  mais  il  devrait  vacirconstances
  où  se  trouveraient  les  Hôtels  des  Monnaies  et  les
aurait'”^  circulation.  »  —  J.-B.  Say,  liv.  i,  chap.  21.  Une  telle  disposition
rabie  ^  très-dangereux,  et  exposerait  le  pays  à  une  variation  considé-Jen’
  dans  la  valeur  intrinsèque  des  monnaies.  ('Aote  del’Àuteur.J
^1  rien  à  dire  au  sujet  du  danger  que  M  Ricardo  trouve  à  ma  proposition,
            
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