Full text : Oeuvres complètes

354

PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
tion  des  ouv  rages  maïuifaclurés  se  trouvera  terminée,  il  sera  peut-être  -
obligé  d’émettre  une  obligation  du  trésor  portant  intérêt,  et  l’intérêt
lui  coûterait  autant  que  ce  que  le  consommateur  épargnerait  dans  le
prix,  non  compris  cependant  la  partie  du  prix  que  le  manufacturier
pourrait,  en  vertu  de  l’impôt,  ajouter  à  son  gain  réel.  Si  le  gouvernement ­
  avait  dû  payer  cinq  pour  cent  pour  l’intérêt  de  l’obligation  du
trésor,  il  y  aura  50  1.  d’impôts  d’épargnes  par  la  non-émission  de  l’obligation. ­
  Si  le  manufacturier  emprunte  le  capital  additionnel  dont  il  a
besoin  pour  faire  l’avance  de  l’impôt  à  5  pour  cent,  et  s’il  le  fait  payer
à  10  pour  cent  au  consommateur,  il  aura  gagné  5  pour  cent  sur  son
avance  en  sus  de  ses  profits  ordinaires;  en  sorte  que  le  manufacturier
et  le  gouvernement  gagnent  ou  épargnent  tous  deux  précisément  la
somme  que  le  consommateur  paie.
M.  de  Sismondi,  dans  son  excellent  livre  de  la  Richesse  commerciale, ­
  en  suivant  le  raisonnement  de  M.  Say,  a  calculé  qu’un  impôt
de  4000  francs,  payé  dans  l’origine  par  un  manufacturier  dont  les
profits  ne  seraient  qu’au  taux  modéré  de  10  pour  cent,  si  le  produit
manufacturé  passait  seulement  par  les  mains  de  cinq  différentes  personnes, ­
  reviendrait  au  consommateur  à  la  somme  de  6734  francs.
Ce  calcul  est  fondé  sur  la  supposition  que  celui  qui  le  premier  a  fait
l’avance  de  l’impôt,  a  dû  recevoir  du  second  manufacturier  4  400  francs,
et  ce  dernier  du  troisième  4840  francs  ;  en  sorte  que  chaque  fois  que
le  produit  passerait  par  les  mains  d’un  autre  manufacturier,  il  se
trouverait  chargé  de  10  pour  cent  sur  sa  valeur.  C’est  supposer
(jue  la  valeur  de  l’impôt  s’accroît  selon  un  taux  d’intérêt  composé,
non  au  taux  de  10  pour  cent  par  an,  mais  au  taux  de  10  pour  cent
chargé  à  chaque  transmission  progressive.  L’opinion  de  M.  de  Sismondi ­
  serait  exacte  s’il  s’était  écoulé  cinq  ans  depuis  la  première
avance  de  l’impôt  jusqu’à  la  vente  du  produit  imposé  au  consommateur; ­
  mais  si  une  seule  année  s’est  écoulée,  une  rétribution  de  400  fr.,
au  lieu  de  2734,  aura  fourni  un  profit  au  taux  de  10  pour  cent  à
tous  ceux  qui  auraient  contribué  à  faire  l’avance  de  l’impôt,  soit
que  l’ouvrage  manufacturé  eût  passé  par  les  mains  de  cinq  ou  cinquante ­
  manufacturiers.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.