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PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
» pour donner un résultat déterminé. «* Cela ne ferait pas hausser la
valeur de tous les produits, et n’augmenterait pas par conséquent la
rente. Au contraire : si, par suite de ces améliorations, la quantité
nécessaire de subsistances pouvait être obtenue en employant moins
de bras ou moins de terres, le prix des produits agricoles baisse
rait, et une partie’ des . capitaux serait retirée de l’agriculture. Bien
ne peut faire monter la rente que la demande de nouveaux terrains
moins fertiles, Ou quelque cause qui puisse occasionner un change
ment dans la fertilité relative des terrains déjà cultivés *. Des amé
liorations dans l’agriculture et dans la division du travail, s’éten
dent à tous les terrains; elles augmentent la quantité absolue des
produits agricoles de chaque fonds de terre, sans peut-être déranger
beaucoup les proportions relatives qui existaient auparavant entre
les différents terrains.
1 M. Malthus a relevé avec raison une erreur du docteur Smith.
« L’argument du docteur Smith, dit-il, se réduit à ceci : Le blé a cette
» singulière propriété qu’on ne peut en encourager la production de
« la même manière que celle de toutes les autres marchandises. »
Il ajoute : « Je ne prétends cependant pas contester la puissante
») influence que le prix du blé a sur le prix du travail, en prenant
’» le terme moyen d’un nombre considérable d’années ; mais cette in-
« fluence n’est pas telle qu’elle puisse s’opposer au mouvement des
» capitaux portés vers l’agriculture ou détournés de cet emploi ; ce
b qui est le véritable objet de la discussion. Cela paraîtra suffisam-
» ment prouvé par un examen rapide de la manière dont le travail
» est payé et dont il est offert dans le marché, et par l’étude des
» conséquences qui découleraient inévitablement de la proposition
» d’Adam Smithy si elle était une fois admise*. ¿
M. Malthus cherche ensuite à prouver que la demande et le haut
prix encouragent d’une manière aussi efficace la production des pro
duits agricoles, que la demande et la cherté de toute autre marchan
dise encouragent leur production. D’après ce que j’ai dit sur les effets
’ Il est inutile de le répéter sans cesse, mais il faut toujours faire attention que
le même effet aura lieu, non-seulement par l’emploi de différentes portions de
capital, mais encore en employant sur les terres déjà cultivées des portions diffé
rentes de capital avec des résultats différents, le fermage étant la| différence du
produit obtenu moyennant un capital et un travail pareils sur une même ou sur
différentes qualités de terrains. f^ote de VAuteur.)
* Voyez Observations, etc., page 4,