487
RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET.
rant avec celle des autres nations? Si, par exemple, un quarter de
blé avait eu en France et en Angleterre une valeur é^ale à une once
d’or, n’est-il pas évident (pue la moitié de cette quantité métallique
sufiirait actuellement à acheter le int‘me quarter de blé qui, en Angle
terre, continuerait à valoir une once ' ? Des lois promulguées sous
l’appui de telles circonstances, pouvaient-elles empêcher d’importer en
Angleterre du hlé ou toute autre marchandise (car le marché tout entier
se trouverait atteint) et pouvaient-elles aussi prévenir l’exportation
des monnaies d’or? Si elles avaient cette puissance, et que l’exporta
tion des lingots fut libre, l’or hausserait peut-être de 100 p. O/q, et
par la même raison s’il fallait 35 s. de Flandre pour représenter à
Hambourg 1 1. st. il n’en faudrait plus que 17 1/2. Les mêmes
effets se seraient reproduits dans le cas où la circulation de 1 Angle
terre aurait seule doublé.
Renversons l’hypothèse et supposons que toutes les autres circula
tions restent immobiles pendant que celle de 1 Angleterre aura dimi
nué de moitié. Si, d’ailleurs, les limites du monnayage actuel res
taient les mêmes, ne verrait-on pas le prix des marchandises arriver
par degrés à un avilissement capable de tenter les acheteurs étran
gers? Et cette situation ne se perpétuerait-elle pas jusqu à ce que
les proportions relatives des deux circulations fussent rétablis?
Si tels sont les résultats qui aceompagnent un abaissement de la
monnaie au-dessous de son niveau normal; et ces résultats, I œuvre
des plus illustres économistes It^s consacre ! comment pourra-t-on
soutenir avec raison que l’accroissement ou la diminution de la
masse monétaire n’a aucun rapport avec les changes étrangers ou
le prix des lingots?
Maintenant, sous l’empire d’une loi contre l’exportation, rigou
reusement exécutée, une circulation de papier non conversible en
‘ Oue le prix des marchandises s’élève ou s’abaisse proportionnellemeut a l’ac-
rrois^ement et à la réduction des signes monétaires, c’est là un lait queje declare
irrécusable. M. Rosanquet a fait voir, en admettant l’iuiluence immédiate de
la découverte, d’une mine sur les prix, qu’il ne partage pas à ce sujet les doutes
du gouverneur de la banque Quand la commission demanda à cet administrateur
" Si une réduction considérable dans la masse des agents de circulation ne tei^
” drait pas à accroître dans de certaines limites leur valeur relative compar^
» avec celle des marchandises, et si une augmentation considérable ,
ne me sens pas apte à donner une réponse positi\e. »’