Full text: Oeuvres complètes

RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET. 511 
rues. L’examen des circonstances qui donnent la valeur à un billet de 
banque prouvera la vérité de ces principes. La valeur intrinsèque 
d’un billet de banque n’est point supérieure à celle du papier sur le 
quel il est souscrit. On peut le considérer comme un signe monétaire 
dont le seigneuriage est tellement énorme qu’il s’élève à sa valeur 
entière. Et cependant, si le pays est convenablement protégé contre 
un accroissement excessif produit dans ces billets par l’imprudence 
des créateurs ou par les menées des faux raounayeurs ou des faus 
saires, ils devront conserver leur valeur dans les opérations ordi 
naires du commerce. 
Tant qu’une monnaie pareille sera contenue dans de certaines limi 
tes, il sera facile de lui donner une valeur quelconque comme agent de 
circulation;3 1. 17s. lü 1/2 d. pourront valoir une once d’or-lingot, 
ce qui forme le rapport d émission, ou bien ils pourront être réduits 
à la valeur d’une 1/2 once. En outre, si la Banque avait le privilège 
exclusif de faire frapper du numéraire à la Monnaie, 3 1. 17 s. 10 
1/2 d. de ses billets pourraient recevoir une valeur égale à 1, 2, 3, ou 
tout autre nombre d’onces en lingots d’or. ' 
La valeur d’une telle monnaie repose entièrement sur son abon 
dance; et dans l’hypothèse supposée, la Banque aurait le pouvoir de 
limiter non seulement la masse du papier, mais encore celle des pièces 
'Métalliques. 
J’ai déjà essayé de démontrer que les métaux précieux, employés 
connue monnaie antérieurement à l’étahlissement des banques, 
s ctaicnl nécessairement répartis parmi les dilférentes nations du 
monde dans des proportions relatives à leur commerce et aux paie 
ments à elfeetuer; que quelle que soit la valeur des lingots ainsi 
üllectés au jeu de la circulation, l’égalité des demandes et des besoins 
•essentis dans tous les pays ne permettrait point que la part échue 
M chacun s’accrut ou diminuât, — si ce n’est dans le cas où de nou 
veaux rapports commerciaux entre les peuples rendraient une nou- 
'elle répartition nécessaire. J’ai eniin i^ssayé d’établir que l’Angle-^ 
Ierre, ou tout autre pays, peut substituer le papier aux lingots, 
mais que la valeur de ce papier doit se régler sur la valeur intrin 
sèque des coins, qui eussent alimenté la circulation à défaut du 
papier. 
Sous ce point de vue, la monnaie de papier d’un pays représente 
MU certain poids de lingots qui ne pourra être augmenté ni diminué, 
laut que son commerce et ses paiements resteront iinariables. Lue 
unce d’or pourra valoir 3 1. 17 s. 10 1/2 d., ou, pai des léglements
	        
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