Full text : Oeuvres complètes

DE  L’ÉTABLISSEMENT  D’UNE  CIRCULATION  MONÉTAIRE.  o97
Un  comité  de  la  Chambre  des  communes  exposa  le  premier,  en
IH07,  l’étendue  de  ce  bénéiice.  Plusieurs  personnes,  entre  autres
W.  Thornton,  un  des  directeurs  et  ex-gouverneur  de  la  Banque,  soutinrent, ­
  en  faveur  de  la  Banque,  que  ses  profits  s’étaient  proportionnés ­
  au  montant  des  billets  en  circulation  et  que  les  dépôts  publics
n’avaient  eu  pour  elle  qu’un  avantage,  celui  de  lui  permettre  de
multiplier  le  nombre  de  ses  billets  en  circulation.
Si  l’argument  de  M.  Thornton  était  fondé,  il  en  résulterait  que  la
Banque  n’a  jamais  tiré  profit  des  dépôts  publics,  car  ces  dépôts  ne
peuvent  lui  permettre  de  répondre  à  de  plus  fortes  émissions.
Supposons  qu’avant  l’époque  où  la  Banque  reçut  les  dépôts  publics, ­
  le  montant  de  ses  billets  fut  de  25  millions,  et  qu’elle  en  retirât ­
  un  profit  déterminé.  Supposons  maintenant  que  le  gouvernement ­
  prélève  dix  millions  de  taxe  en  billets  et  les  remette  à  la
Banque  ,  comme  en  un  lieu  de  dépôt  permanent.  La  circulation  serait ­
  immédiatement  réduite  à  quinze  millions,  mais  les  profits  de  la
Banque  resteraient  les  mêmes  ;  elle  continuerait  à  prélever  ses  bénéfices ­
  sur  25  millions,  tandis  que  la  circulation  ne  serait  composée  en
réalité  que  de  15  millions.  Admettons  qu’elle  élève  de  nouveau  la
circulation  à  25  millions,  et  qu  elle  applique  les  10  millions  a  escompter ­
  des  valeurs,  à  acheter  des  bons  de  l’ixhiquier,  à  avancer  les
paiements  des  dividendes  dus  aux  porteurs  du  scrip.  Je  demande
alors  si  elle  n’aura  pas  ajouté  l’intérêt  de  10  millions  à  ses  profits  ordinaires, ­
  et  cela  tout  en  maintenant  ses  émissions  à  la  somme  priroitive
  de  vingt-cinq  millions.
La  théorie  et  l’expérience  se  refusent  également  à  admettre  que
l’accroissement  des  dépôts  publics  puisse  permettre  à  la  Banque  de
"multiplier  ses  émissions.  Si  nous  nous  basons  sur  l’augmentation  de
CCS  dépôts,  nous  verrons  qu’à  aucune  époque  elle  n’a  agi  avec  autant
de  rapidité  que  de  1800  à  1806,  et  qu’alors  même  la  masse  des  billets ­
  de  cinq  livres  et  au-dessus  est  restée  complètement  stationnaire.
Be  1807  à  1815,  le  phénomène  se  transforme.  Ainsi  le  montant  des
billets  de  cinq  livres  et  au-dessus  s’accroît  de  5  millions,  pendant
que  la  somme  des  dépôts  publics  reste  invariable.
Bien  ne  peut  mieux  nous  éclairer  sur  les  profits  que  la  Banque
retire  des  dépôts  publics,  rien  ne  peut  mieux  nous  en  faire  sentir  la
portée  que  le  rapport  du  comité  des  dépenses  publiques  en  1807.
^  exprime  ainsi  :
"  Les  témoignages  qui  ont  été  recueillis  à  ce  sujet  disen  ous  que
“  les  billets  de  la  Banque  sont  une  source  de  bénéfices  rée  s,  mais  i  s
            
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