700
OEUVKES DIVERSES.
ne lui paierait plus; mais toutes les autres classes de la société se
retrouveraient dans une situation identkfue a celle de ce jour. H es
évident encore qu’il y aurait autant de monnaie eu circulation; car
il importerait fort peu (|ue les 16 millions de monnaie de papier ai
tuellement en cours à Londres, eussent été émis par le gouvernement
ou par une société commerciale. Les marchands n’auraient à soulfrii
d’aucun embarras provenant d’un surcroît de formalités, dont on au
rail hérissé les avances qui leur sont faites hahituellement a titre d es
compte ou autrement ; car premièrement, la masse de ces avances doit
se proportionner au montant de la monnaie en circulation, leque
montant serait le même qu’auparavant ; et secondement, la Banque
pourrait affecter aux demandes des négociants une même fraction
la circulation totale.
S’il est vrai, ainsi que je l’ai clairement établi, que les avances fai
tes par la Banque au gouvernement dépassent la masse générale de
ses billets en circulation, il en résulte nécessairement qu une portion
de ces mêmes avances, ainsi que l’ensemble des prêts faits aux particu
tiers, doivent être puisés dans d’autres fonds appartenant a la Baiiqui »
ou mis à sa disposition. Lt ces fonds, elle continuerait encore a les po^
séder, si le gouvernement s’acquittait de sa dette et si tous scs billots
étaient retirés delà circulation. Qu’on ne dise donc pas ([ue, relative
ment aux émissions de papier, il est convenable de renouveler la ehait
de la Banque, sous prétexte que si l’on n’adopte pas eette mesure, 1^
commerçants, privés des facilités habituelles de 1 emprunt, se vU
raient lésés : je crois avoir sufiisamment démontré que ces laeilités ne
seraient en rien diminuées.
On pourrait m’objecter cependant que si l’on enlevait a la Banque
cette partie de ses opérations qui consiste a émettre de la monnaie ’
papier, elle ne trouverait plus pour ses cflorts la rémunération offei 1
à toute association de fonds et procéderait immediatement a nij ’
dissolution de société. Je ne le crois pas ; il lui resterait encore ind ^
placements avantageusement ouverts pour ses propres fonds. 313’
admettons que je me trompe et que la compagnie se dissolve; 6’"^
dommage en résulterait-il pour le commerce ? Que les fonds de la
ciété soient réunis et gérés par un petit nombre de directeurs élus p^’’
l’assemblée générale des actionnaires; ou que, repartis entre les mai”^
des propriétaires eux-mêmes, chaque portion soit administrée
l’individu auquel elle appartient, ces deux systèmes produiraient'’
la moindre différence dans leur montant réel, ou dans le degre d
lluence qu’ils peuvent avoir sur les transactions commerciales •