CHAPITRE VI
Le dimanche à Agram. — Costumes des paysans et des paysannes. — Les élégantes. — La fête
des eaux. — Condition de la femme chez les Slaves du Sud. — Les Solwli. — Plaisirs du
dimanche.
Le dimanche était venu; j’étais
encore à Agram.
Cette ville à la physionomie
froide et vulgaire devient sympa
thique à mesure qu’on la connaît,
et l’on finit par se trouver avec
une sensation de bien-être que je
ne saurais dire, au milieu de sa
bonne et honnête population. Le
Slave du Sud est vif, intelligent,
très-doux, très-poli, cordial, et
plein de prévenance envers l’étran
ger. Je dois ajouter qu’il met au
tant de soin à rechercher la com
pagnie des Français qu’il en met a éviter celle des Allemands, auxquels
il a donné le surnom de nemet, c’est-à-dire de muets, de têtes de bois.
Il y a quelque dix ans, il était aussi dangereux de se promener en cha
peau à haute forme dans les rues d Agram que dans les rues de Pest.
M. Louis Leger raconte qu après deux jours passés à Agram , il dut aban
donner cette coiffure, que les Slaves regardent comme le symbole de la ger
manisation, et qui le rendait non-seulement ridicule, mais attirait sur lui
les lazzi des gamins.
Dans les contrées primitives, dans les villes qui tiennent encore du vil
lage , les jours de semaine n ont pas de relief et sont ordinairement plats
et ennuyeux. On rencontre des gens sales, mal vêtus, éreintés de tia\ail.
Mais vienne le dimanche, la transformation est complète ; c est un change
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Paysanne croate.