CHAPITRE XXI
La population de la forêt de Bakony. — Les kanasz. — Arrivée à Saint - Martin. — Vue de
cuisine. — La salle à manger. — Panorama au réveil. — L’abbé de Saint-Martin. — La
ville de Raab.
acacias devant les portes, les mêmes oies couchées dans la poussière, les
mêmes femmes en jupon court et en hautes bottes, les mêmes poussins
effrayés qui se sauvaient sous les ailes gonflées de leur mère, et, au milieu
du village, le même petit clocher svelte, revêtu de fer-blanc.
vage de la Hongrie. Loin de tout contact avec le monde civilisé , elle vit et
meurt sans connaître d autres sites que ceux de ses vastes solitudes peuplées
de chênes, de troupeaux de porcs et quelquefois de brigands. Les hommes
sont grands, chevelus; leur extérieur est farouche. Les femmes passent pour
les plus belles de cette partie de la Hongrie. Bien faites, souples de corps,
elles ont les yeux noirs, et la fraîcheur des bois au milieu desquels elles
vivent. Il faut les voir danser, le dimanche, aux sons de la cornemuse, avec
leurs jolis jupons rouges, leurs bas violets, leurs souliers découpés et leurs
Nous continuions de cheminer dans les
bois; la route se prolongeait interminable,
C’étaient les mêmes femmes en jupon
court...
pareille à une grande allée de verdure. Par-
jrj fois, de soudaines échappées s’ouvraient sur
üj un coin de ciel bleu ou sur de petites collines
qui moutonnaient au loin, comme des vagues,
à 1 horizon. Nous traversâmes quelques vil-
% lages perdus dans les clairières : c’étaient
toujours les mêmes maisons basses, faites
de boue et recouvertes d’un toit de chaume
ou de roseaux verdi par le temps ; les mêmes
jupon enclos avec le puits qui dresse ses deux
poutres dans une roideur de gibet, les mêmes
La population de la forêt de Bakony a la réputation d être la plus s au-