Full text : Le problème de la marine marchande

LE  PROliLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

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fjéiiéral  connu  a  200,000  fr.  placés  dans  une  seule  société
nantaise  et  retire  annuellement  de  sou  capital  le  coquet
revenu  de  4o,ooo  fr.  —  qui  lui  permet  d’oublier  les  vicissitudes ­
  et  les  ennuis  auxquels  l’exposa  une  Allaire  célèbre.
Telle  famille  illustre,  dont  le  chef  occupa  les  plus  hautes
fonctions  de  la  Ué[)ubli(jue,  s’intéresse  fortement  aux  mêmes
spéculations,  qui  lui  sont  aussi  productives.  Pendant  ce
temps,  les  matelots  ipii  courent  les  mers  pour  amasser  ces
beaux  dividendes  vivent  de  haricots  et  de  lard  salé,  séparés
des  mois  entiers  de  leur  famille,  grillés  par  le  soleil  ou  transis ­
  })ar  les  embruns,  et  gagnent  un  salaire  de  cinquante  sous
par  jour.'
Plus  le  voyage  est  long  et  plus  il  rapporte.  C’est  le  budget,
ce  sont  les  finances  publiques,  c’est  la  collectivité  des  contribuables ­
  français  qui  paient  aux  généraux  capitalistes,  aux
douairières  en  ipiéte*  de  placements,  aux  prêtres  avides
d’augmenter  leur  pécule  des  rentes  royales  par  la  prime  de
la  navigation.  Toute  une  nouvelle  catégorie  de  budgétivores
est  née  de  la  loi  de  i8g3  et  s’attaque  d’un  bel  appétit  à  la
caisse  de  la  République  (pii,  bonne  fille,  les  laisse  et  se  laisse
faire.
Cela  ne  durera  pas  toujours,  même  au  cas  improbable  où
le  Parlement  français  commettrait  la  faute  de  ne  pas  décourager ­
  cette  spéculation  (pii  peut,  en  fin  de  compte,  mal
tourner,  car  plusieurs  des  sociétés  nouvellement  formées
n’amortissent  pas  le  capital  exposé  —  ce,  dans  le  but  de
faire  miroiter  aux  yeux  des  «  gogos  »  des  dividendes  encore
plus  brillants  que  les  précédents.
La  crainte  exprimée,  dans  une  proposition  de  loi  récente
par  M.  Brunet,  de  «  voir  renaître  l’heureux  temps  où  l’expédition ­
  des  Argonautes  et  celui  où  des  navigateurs  comme
Ulysse  mettaient  vingt  ans  à  parcourir  la  Méditerranée  »  est
une  chimère  et  son  mot  une  boutade.  Les  temps  dont  il
            
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