Il6 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
de la demi-prime pourrait être justifiée ; mais ou ue saurait
perdre de vue que le législateur de i8()3 a pensé, ajuste
titre, qu'une nation maritime ne peut se passer de chantiers,
ni d’ateliers pour construire des navires et des machines ma
rines et qu’il a entendu encourager la construction en même
temps que l’armement. Or, le rétablissement de la demi-
prime pour les navires de provenance étrangère amènerait
infailliblement la ruine des établissements qui construisent
exclusivement pour le commerce, et le dépérissement des
autres, au grand détriment d’une population ouvrière nom
breuse et intéressante au premier chef.
« Le remède au mal dont souffre notre marine de com
merce n’est point causé par le seul fait du prix plus élevé
du navire français.
« La dilïérence des prix, d’ailleurs, a été souvent présentée
(Tune manière inexacte et exagérée. L’armateur français qui
demande des propositions à l’un de nos chantiers lui remet
en général une spécification des plus minutieuses, exige que
toutes les installations soient exécutées suivant ses propres
usages, sous la surveillance constante de ses agents, avec
des jnatériaux de premier choix. Le même armateur traitant
avec un chantier anglais est, au contraire, forcé de se plier
aux usages du constructeur étranger, qui ne se prêterait pas,
comme nous le faisons, à suivre pas à pas les instructions
qui pourraient lui être données. Cette facilité d’entente entre
l’armateur et le constructeur est un avantage dont on recon
naît volontiers la valeur d’une manière générale ; mais il est
rare que, lors des négociations, on consente à le traduire
par un chiffre de plus-value. Il en est de même de l’exécu
tion plus soignée, de la moindre consommation de charbon ;
on ne les nie pas, en général, mais on n’en tient pas compte
dans la comparaison des prix. Et dans cette comparaison
entre nos propositions et celles des chantiers anglais, quel