VIII
PRÉFACE.
Nous-mêmes, nous avons successivement ajouté à nos
vieilles colonies le Dahomey, le Congo, le Soudan, le
Tonkin, Madagascar.
Que nous soyons allés trop vite ; que nous ayons,
inconsidérément, attaqué à la fois le continent africain
et le continent asiatique ; que nous n’ayons pas
proportionné notre effort à nos forces ; que nous ayons
dépensé et que nous dépensions encore à ces entreprises
plus d’argent que ne nous le permet notre situation
financière, cela n’est douteux pour personne. Nous
avons été entraînés par le courant. La politique (pii
voulait nous détourner de l’Europe nous a volontairement
jetés sur tous les points de la planète. Mais quoi?
Le fait est aujourd’hui un fait accompli. Gomme les
autres nations, nos voisines, et mieux qu’elles encore,
nous sommes condamnés à une action coloniale incessante,
active, à la fois commerciale et militaire.
Vouloir des colonies, c’est vouloir une marine; chercher
des débouchés au loin, c’est se mettre dans la
nécessité d’entretenir une flotte marchande et une
flotte de guerre; celle-ci devant protéger celle-là. Pour
aller aux colonies, il n’est d’autre chemin que la mer.
Pour défendre les colonies, des bateaux sont indispensables.
Une politiijue coloniale implique une politique
maritime. La possession de colonies nombreuses comme
le développement du commerce d’outre-mer impose
une marine puissante. Cette vérité est si évidente qu’il
est à peine besoin de la rappeler. Si un grand État