X PRÉFACE.
de Suez, avec IMiide, le Japon, la Chine et hAustralie.
Sur rOcéan, où elle avait Bordeaux, Nantes, Bouen,
le Havre, Dunkerque, sans compter Brest et Cherbourg,
elle pouvait soutenir la concurrence anglaise.
Le Finistère et le Cotentin s’avançaient dans les Ilots
comme s’ils allaient au-devant des vaisseaux venant
d’Amérique. Par surcroît, la Flandre, la Normandie, la
Bretagne surtout, fournissaient à sa Hotte de commerce
comme à sa Hotte de guerre un peuple incomparable
de matelots.
Comment n’a-t-elle pas profité de ces avantages? Ce
n’est pas le génie qui lui a manqué, ni l’héroïsme, ni le
goût des aventures. Ses explorateurs et ses navigateurs
ont, de tous temps, fait leurs preuves. Ses constructeurs
ont toujours été au premier rang. Tous les grands
progrès, toutes les grandes découvertes maritimes
viennent d’elle. Ses chantiers ont toujours été les plus
féconds en innovations hardies, toujours elle s’est montrée
supérieure, en architecture navale, à l’Angleterre
elle-même. Quand les Anglais se sont emparés de
Toulon, ils n’ont pris les vaisseaux de notre Hotte
abandonnée que pour en copier les formes et les lignes;
les meilleurs marcheurs des escadres de Nelson n’étaient
autres que des bâtiments sur lesquels avait Hotté
notre pavillon. La première, la France avait lancé, devant
les batteries de Sébastopol, les canonnières invulnérables
qui avaient tant étonné les Russes; la première,
elle avait adopté l’hélice, et le souvenir est resté