Full text: Le problème de la marine marchande

LES CHANTIERS FRANÇAIS. l4l 
l a diiïercHce dans le prix d’achat du navire aboutit donc,- 
comme l’indiijiie ce tableau, pour peu qu’elle dépasse 5o 
[). loo à l’alisorptiou presijue totale, par le comtructeur, de 
la prime de iiaviqation destinée à l’armateur. Cela est si vrai 
qu’il se jiroduit Irérpieinment le fait suivant : un armateur 
commande un navire à un chantier français; le chantier fixe 
un prix, un million de francs par exemple, et se réserve, en 
plus du versement de cette somme, deux, trois, quatre, cinq 
années de primes de naviqation qu’il touche au lieu et place 
de l’armateur. Celui-ci fait naviquer son bâtiment sans au 
cune subvention pendant toute cette période de temps; 
comme au prélèvement des chantiers viennent s’ajouter 
Inotes sortes de frais dont la proqression suit celle du prix 
uiôme du bateau, l’armateur arrive souvent à la fin des pri- 
uies à la naviqation sans avoii" réellement bénéficié de 
celles-ci. L’allocation de l’État se trouve qénéralernent dé 
tournée de sa destination : versée pour l’armateur, elle va 
directement dans la caisse du constructeur. 
Aussi, l’armateur à (pii un chantier français demandera 
le cas est fréipient — Go p. lOO de plus pour le même 
uavire qu’un chantier anqlais s’adressera fatalement à ce- 
^ui-ci ; la perte de la prime lui sera indifférente, puisqu’il 
U empochera pas plus celle-ci s’il fait construire en France 
lue s’il devient le client de l’étranqer. 11 aura même l’avan- 
biqe de débourser dans ce second cas un cajiital moins 
considérable. Ce n’est pas jxmr d’autres raisons (pie plu 
sieurs de nos qrandes compagnies d’armement sont les 
clientes de l’Angleterre ; leurs bilans n’en sont que plus 
piospères. 
Aussi n’y a-t-il pas lieu d’être surpris de voir, par l’exa- 
uieii de l’origine des navires annuellement francisés, que 
le chiffre des constructions en vapeurs dans les chantiers 
Icunçais est bien inférieur au chilfre correspondant de la
	        
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