LES CHANTIERS FRANÇAIS. 145
Chanteiiay, auquel vient se joindre le groupe de la basse
Loire, avec les établissements de Basse-Indre, Couëron,
Triqnac, Paimbœuf, Saint-Nazaire, qui comptent 44 usines
occupant 11,829 ouvriers, non compris celle d’Indret. Au
total, plus de trois cents usines érigent dans ce coin de
France leurs hautes cheminées et y assurent l’existence de
3o,ooo travailleurs et de leurs familles.
Les matières premières parviennent à Nantes de la plu
part des pays de navigation au long cours : les Etats-Unis
lui envoient des bois, du blé, du phosphate; le Brésil, du
cacao ; la Bépublique Argentine, des bois et du phosphate;
le Chili, le Pérou et la Bolivie, du nitrate; les îles de l’O
céanie, du coprah ; les Indes anglaises, du jute ; les Indes
hollandaises et le Canada, des bois ; les Philippines, du
chanvre ; les Antilles, des denrées coloniales ; parmi les
pays d’Europe, l’Angleterre lui expédie la houille ; la Nor
vège et la Suède, les bois, les fers et les pâtes de cellulose ;
l’Allemagne, les graines oléagineuses, le lin, le chanvre et
l’amidon; la Belgique, les engrais; l’Italie, les huiles
d’olives, le soufre et les fruits secs, etc.
Beaucoup de ces produits sont employés et transformés
dans les usines nantaises, qui sont desservies, en outre du
lleuve, par trois réseaux de chemins de fer : l’Orléans, l’Etat
et l’Ouest.
Il manque à Nantes, pour devenir un très grand port, ce
qui manque à la plupart des ports français : du fret à la
sortie; en 1899, sur 622 navires, donnant un total de
288,449 tonneaux, qui y participèrent au cabotage interna
tional, 222 seulement, donnant une jauge de 49,353 ton
neaux, sont partis chargés, tandis que les 3oo autres, for
mant un tonnage total de 289,096 tonneaux, ont quitté le
port sur lest, faute de fret de retour. C’est ainsi qu’après
avoir opéré leur déchargement de houille, la plupart des
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PROBL. MAU. MARCH.