LES CHANTIERS FRANÇAIS. l5l
que le lléau des « méventes », qui ravaqe tant d’aulres
parties de la France, est ici complètement inconnu.
La Loire, de Nantes à Saint-Nazaire, apparaît aux yeux
du voyageur et du touriste comme une véritable « rue »
d’usines, de fabriques, de chantiers — d’où montent la ru
meur d’un peuple en travail, les halètements des machines,
le heurt des marteaux frappant le fer en cadence, les siffle
ments de la vapeur.
C’est dans ce milieu favorable, où la main-d’œuvre indus
trielle est abondante et la matière première à bon compte,
qu’une série de chantiers ont grandi et se sont développés
(chantiers de la Brosse et Fouché, Dubigeon, de la Basse-
Loire, ateliers et chantiers de la Loire, chantiers Nantais,
Blass et Alleau), formant avec ceux, voisins, de Saint-
Nazaire, le groupe le plus important de la construction fran
çaise pour la marine marchande. ,
IV. Les chantiers de la Brosse et Fouché.
Les chantiers de la Brosse et Fouché sont situés sur la
rive gauche de la Loire, en aval de canaux dépendant du
port et desservant, par trois branches d’une longueur totale
de 800 mètres, les diverses industries nantaises établies
entre le fleuve et la gare des chemins de fer de l’État.
L’établissement industriel de MM. de la Brosse et Fouché
est relativement récent. Il se compose d’un chantier de
construction de coques et d’un atelier de fabrication de ma
chines marines — séparés l’un de l’autre par une distance
de quelques centaines de mètres. Suivant les commandes,
600 ou 800 ouvriers y sont occupés.
Le chantier —j’eus le plaisir de le visiter en compagnie
de M. de la Brosse, à qui mon confrère et ami Maurice