152 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Scliwol) m’avait fort aimablement présenté — dispose de
trois cales pour bâtiments d’assez faibles dimensions ; les
derniers qu’on y ait construits (dix chalutiers à vapeur pour
la pêche) jaugeaient 3oo tonneaux chacun. Ces chalutiers
étaient destinés à une société d’Arcachon ; comme elle sus
pendit dans l’intervalle ses opérations, MM. de la Brosse et
Fouché, avec un esprit de décision qui fait leur éloge, pri
rent sa succession afin d’utiliser le matériel qu’ils venaient
de construire. La chance les a favorisés. L’entreprise de pêche
n’a donné aucun mécompte à ces armateurs improvisés.
Sans être de première importance, le chantier et les ate
liers de MM. de la Brosse et Fouché pourront cependant
rendre plus tard à la marine marchande de réels services,
car, outillés pour la construction des steamers, ils n’auront
en quelque sorte qu’à développer leur champ d’action. Pré
sentement, les moyens dont ils disposent sont modestes et
l’on devine aisément à leur aspect une industrie qui se ré
serve en vue de l’avenir.
M. de la Brosse croit d’ailleurs qu’il est très possible aux
chantiers qu’il dirige de fournir des cargo-boats en série à
un prix se rapprochant de celui des Anglais. En admettant
(jue ceux-ci demandent un million pour un cargo de 3,ooo
tonneaux de jauge, M. de la Brosse serait prêt, le cas
échéant, à livrer le même bâtiment aux conditions sui
vantes :
Pour une commande en série :
Poids de la coque : i,3oo tonnes dont i,ioo t. à 670 fr. 627,000 fr.
— — dont 200P) à i,5oo 3oo,ooo
Appareils moteurs, pour une vitesse de 9 nœuds, soit
1,200 chevaux 3oo,ooo
1,227,000 fr.
(i) Cette partie de la construction du bateau comprend l'armement, l’aménagement,
la mâture, le mobilier, etc. C'est ce qui explique la différence et l’élévation du prix de
la tonne par rapport au chiffre précédent.