Full text : Le problème de la marine marchande

LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

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commune  taclique,  prétendre  aux  brillantes  destinées
qu’elles  rêvent  l’une  et  l’autre.  Dans  un  pays  où  les  ports
seraient  exploités  par  des  sociétés,  il  faudrait  qu’une  même
compagnie  groupât  Saint-Nazaire  et  Nantes.  De  cela,  il  n’est
aucun  bon  esprit,  de  Saint-Nazaire  à  Nantes,  qui  ne  soit
convaincu.  Unis,  les  deux  ports  peuvent  raisonnablement
aspirer  à  se  partager  au  moins  l’empire  de  l’océan  Atlanti-({ue
  —  sinon  davantage  :  Saint-Nazaire  demeurant  la  tête
de  ligne  des  services  rapides,  le  port  d’arrivée  des  cargos
démesurés  destinés  au  transport  du  charbon,  et  qu’on  ne
peut,  en  aucun  cas,  prétendre  amener  à  Nantes,  tant  qu’on
améliore  le  bas  fleuve  ;  Nantes,  au  contraire,  devenant  le
port  de  transit  du  gros  fret,  amené  par  des  bateaux  de  tonnage ­
  moyen  et  appelé  à  poursuivre  sa  route  vers  l’intérieur ­
  »
Saint-Nazaire  a  fait  sans  doute  —  qui  n’a  jamais  caressé
de  chimère  ?  —  le  rêve  ambitieux  de  monopoliser  tout  le
trafic  de  la  basse  Loire.  Mais  elle  s’est  aperçue,  elle  ne  pouvait ­
  pas  ne  pas  s’apercevoir,  qu’un  port,  pour  grandir,  doit
être  l’aboutissant  logique  de  tout  un  arrière-pays,  la  porte
de  sortie  et  d’entrée,  à  la  fois,  d’un  vaste  marché  d’échanges
—  et  qu’il  lui  est  interdit  de  posséder  ce  (jue  Michel  Chevallier ­
  appelle  «  une  existence  solitaire  ».  Boulogne,  la  Pallice
  meurent  de  leur  isolement.  Dunkerque  ne  se  développe
que  grâce  à  l’immense  réseau  de  canaux  qui  va  drainer,
pour  l’amener  jusqu’au  bas  de  ses  quais,  la  production
industrielle  du  Nord.  De  même,  la  prospérité  de  Nantes,
par  la  navigabilité  de  la  Loire,  est  fonction  de  celle  de  Saint-Nazaire.

D’ailleurs,  si  quelque  doute  subsistait  à  cet  égard,  le
simple  examen  des  statistiques  le  dissiperait.  Le  tonnage  de
Saint-Nazaire  était  en  1870  de  54i,3s!2  tonneaux;  en  1899,
la  jauge  légale  des  navires  pénétrant  dans  ce  port  s’élève  à
            
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