LBS CHANTIERS FRANÇAIS. 167
La chaudronnerie venait de livrer à la Compagnie d’Or
léans douze chaudières de locomotives, et fabriquait les
chaudières à quadruple expansion et à tirage forcé desti
nées au paquebot la Ville-d!Alger, ainsi que les quatorze
cor{)s de chaudières de la Touraine, dont les machines dé
veloppent 12,000 chevaux.
Dans les ateliers rnécaniipies, on montait la machine de
tribord de la Savoie — masse de fonte et d’acier haute
comme une maison de quatre étages. M. Lannes lit, il m’en
souvient, cette ré 11 exion sur l’industrie anglaise, comparée
par lui à la nôtre :
« On parle toujours de la rapidité des Anglais dans leurs
constructions maritimes ; jugez-en par l’exemple ipie voici :
nous avions, pour aller plus vite, commandé en Angleterre
la moitié des arbres d’acier au nickel de la Savoie ; les An
glais s’étaient engagés à livrer en cinq mois la commande.
Ils ont pris deux ans et si mal exécuté le travail que nous
dûmes reimt er quatre pièces principales ; le Creusot et Saint-
Chamond, qui s’étaient réservé un délai de neuf mois, ont
livré une fourniture parfaite dans les délais convenus. »
L’impression qui m’est restée de ces chantiers est celle
d’un bel et puissant instrument de production qui, surtout
au point de vue des machines marines, pourrait rendre à la
Hotte marchande de grands services. L’installation de l’usine
navale de Penhouët est excellente; les cales de construction
sont spacieuses, les ateliers clairs et commodes, sous de
hauts et vastes hangars métalliques ; certaines parties de
l’outillage, tout à fait modernes ; mais à côté d’elles, il existe
une sorte de stratification de vieux matériel, de générateurs
encombrants et dépensiers, dont les chantiers auraient, à
ce qu’il semble, intérêt à se débarrasser.
L’établissement de Penhouët s’organise en vue de la
construction rapide de steamers et surtout de cargo-boats