lyS LR PROIJLRME DE LA MARINE MARCHANDE.
les dessins, réclamer des modifications de plans ou de tra
vaux en cours d’exécution, demander ipi’on ajoute un hu
blot par-ci, un autre hublot par-là. Ony consent: les hublots
ne manquent pas au magasin ! Mais le prix de revient du
bateau n’en augmente pas moins pour le constructeur. Le
représentant de l’armateur harcèle les bureaux de sa pré
sence, les ouvriers de ses investigations, et son action n’a
boutit, en fin de compte, qu’à élever les frais généraux.
L’ouvrier et le contremaître français n’ont pas au même de
gré que leur collègue anglais le sentiment de la responsabi
lité. Ils ne s’intéressent pas au sort du chantier qui les fait
vivre (').
A ces causes générales, sont venues — toujours d’après
M. Silley — s’ajouter, pour les Chantiers de Normandie, des
causes particulières de ruine. D’abord, l’élévation des frais
du premier établissement et ses défectuosités : les cales,
dont la construction coûta fort cher, étaient trop courtes.
Il fallut, pour mettre notamment en chantier le cargo-boat
Charles-Tiberghien, déjienser 10,000 fr. à allonger l’une
d’elles au moyen de madriers de bois qui pourrissent main
tenant sous la pluie.
Les fonds de roulement manquaient à l’entreprise ; d’où
nécessité de s’adresser aux banques, manque de crédits,
impossibilité de commander par vapeurs entiers et à prix
réduits les matières premières ; on achetait celles-ci par
5o tonnes, qui, embarquées jusqu’à Rouen, y étaient dé
chargées puis rechargées sur des wagons ou dans des ga
bares, pour être apportées ensuite jusqu’aux chantiers où
il fallait les décharger une seconde fois. Les frais de manu
tention s’élevaient d’autant.
(i) Ce jugement de M. Silley est assez discutable. En tout cas, l’origine de l’indiffé-
rence qu’il indicjue est moins dans le tempérament national que dans Vinstabilité du
personnel. Le jour où celui-ci se sent solide dans une maison solide, il commence à
aimer sa maison. C’est ce que j’ai notamment constaté à Nantes.