PUOBL. MAR. MARCH.
14
LA PUISSANCE MARITIME DE l’anGLETERRE. 20(>
elle apparleiuiil, navire coinniaiulé parmi parent on un ami.
La navifjation à vapeur, en exigeant de puissants capitaux,
a changé tout cela chez nous, eu même temps que Paris atti
rait, par ses séductions et ses ressources, les tendances et
les capitaux. La même évolution a eu lieu également et vers-
la même époipie de Tautre côté de la Manche, mais à me
sure que le navire à vapeur se vulgarisait et devenait entons;
points un outil plus économique, les associations limitées
renaissaient en Angleterre aussi vivaces (pi’autrefois(i). »
Il convient toutefois de remaripier la dillérence profonde
qui sépare les anciennes associations des ports français des
entreprises navales d’outre-Manche, telles que nous les
voyons fonctionner ; ce n’est plus un groupe fermé de négo
ciants riches ou de familles aisées qui risque ses capitaux
sur un navire, c’est une collectivité anonyme d’ouvriers, de
capitalistes ou de spéculateurs, désireuse d’opérer un place
ment, qui constitue aujourd’hui neuf fois sur dix la com
pagnie d’armement anglaise.
La destinée de ces associations n’est pas toujours bril
lante ; parfois les immcujers, intéressés, pour toucher leurs
3 p. 100 de commission sur les frets, à faire naviguer les^
vaisseaux le plus fréipiemment possible, s’inquiètent peu de
les user vite et acceptent des transports peu réimmérateiirs
pour les actionnaires ; parfois encore l’entreprise joint difiici-
lement les deux bouts, l’exploitation isolée d’un navire étant
peu fructueuse, en raison surtout de l’assurance qui grève
son maigre budget beaucoup plus lourdement que celui des
grandes compagnies, assurées par leurs propres soins.
Mais, en ces dernières années, la puissance d’élan de la
marine marchande anglaise fut telle que, malgré quelques-
décoiditures retentissantes, ces compagnies d’armement
(i) Yacht, 3 mars njoi.