Full text : Le problème de la marine marchande

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LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

tlaiit  que  les  autres  nations  cadeiiassaleiil  jalousement  leurs
portes  ?
Mais  si  qramie  iïit-elle,  riinportance  île  ces  facteurs  de  la
puissance  maritime  que  nous  admirons  ne  suffirait  pas  à
expliquer  celle-ci,  si  l’on  ne  tenait  compte  en  même  temps
du  qoi'it  naturel,  de  la  passion  ijui  entraînent  l’Angleterre  vers
les  choses  de  la  mer.  (Iliaque  jour  y  voit  naître  des  sociétés
qui  ont  pour  but  l’exploitation  d’une  branche  du  trafic  maritime; ­
  les  «  new  registered  »  dont  l’annonce  paraît  dans
le  Shi/)/)ùi(/  World,  le  FairpUuj  et  dans  les  autres  journaux
ou  revues  nautiques  sont  en  nombre  considérable.  Il  en  est
d’importantes  et  de  modestes.  A  côté  de  la  grande  entreprise ­
  qui  crée  une  ligne  transocéanique,  se  fondent  incessamment ­
  de  petites  sociétés  ayant  en  vue  l’exploitation  d’un
seul  bateau.  Le  cajiital  est  réduit,  puisqu’il  ne  comprend
que  le  montant  de  l’acquisition  du  navire  et  un  fonds  de
roulement  peu  élevé,  recueillis  l’un  et  l’autre  au  moyen  d’actions ­
  d’une,  de  deux,  dix,  cinquante  livres.  Un  gérant  ou
majuKjer  dirige  l’entreprise,  moyennant  une  commission  qui
est  ordinairement  de  3  p.  loo  du  montant  des  frets  bruts.  Il
advient  parfois  que  le  constructeur  s’intéresse  au  sort  de  la
Société  et  consent  même  à  la  diriger.
Du  haut  en  bas  de  l’échelle  sociale,  des  milliers  d’individus ­
  exposent  ainsi  sur  les  Ilots  une  partie  de  leur  patrimoine,
lisent  avec  avidité  les  gazettes  spéciales,  s’intéressent  au
cours  du  fret,  suivent  les  publications  du  Lloyd,  s’occupent,
bien  que  non-professionnels,  des  questions  maritimes  —  en
sorte  que  la  nation  entière  finit  par  se  passionner  pour  elles.
Jadis,  la  France  connut  aussi,  sous  une  forme  un  peu  différente, ­
  ces  sortes  de  sociétés  en  participation,  ayant  pour
objet  l’exploitation  du  commerce  de  la  mer  :
«  Dans  nos  ports,  il  était  rare  qu’une  famille  aisée  n’eùt
pas  des  capitaux  engagés  sur  un  navire  de  la  ville  à  laquelle
            
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