LA PUISSANCE MARITIME DE l/ANGLETERRE. 217
« le premier est le grand effort cjue fait actuellement la France
pour créer un commerce et devenir un puissant empire maritime.
C’est une si grande cause de suspicion pour nous,
gui n’avons d’importance gue par notre commerce et nos
forces navales, gue chagüe pas gue fera la France dans cette
direclion créera une jalousie perpétuelle entre les deux nalions.
» Cent ans jilus tard, Pitt tenait un langage identigue
et reprochait amèrement au cabinet d’avoir conclu le traité
de Paris. « La France, s’écriait-il, nous est redoutable principalement,
sinon exclusivement en tant gue puissance maritime
et commerciale ; ce gue nous gagnons à cet égard
tire pour nous sa plus grande videur du dommage tpii eu
résulte pour elle. Et vous avez laissé à la France la ¡tossihilité
de se refaire une marine ! »
Les mânes de Charles 11 et de Pitt peuvent être satisfaits :
la France n’a pas abusé de cette « possibilité ». Elle n’est
malheureusement pas en état de porter ombrage à l’Angle-Ierre
par le développement exagéré de sa flotte commerciale !
III. La construction navale anglaise.
Tout s’enchaîne dans la situation économigue d’un pays;
de même gu’nne marine marchande puissante contribue,
pour une large part, au rayonnement de l’inlluence et à l’accroissement
du commerce national, de même les chantiers,
par leur organisation, leurs conditions d’existence, leur
nombre, leur importance, sont les facteurs directs de la
prospérité et de la grandeur de la flotte commerciale.
L’Angleterre est, à ce point de vue, la nation la mieux
partagée du monde ; la puissance de production de ses chantiers
est considérable. L’analyse rapide de la construction
britannigue dans la période la plus récente permettra, guel-