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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
III. Le danger américain.
Si nous envisageons, pour comparer à la nôtre, la situation
de cette République des États-Unis, dont le développement
industriel et maritime cause à l’Angleterre des
inquiétudes de plus en plus vives et en qui nous trouv^erons
nous-mêmes tôt ou tard une redoutable adversaire, nos
réflexions seront aussi mélancoliques. Le commerce extérieur
américain a atteint en 1900 le chiffre de 2,290 millions
de dollars, soit plus de 12 milliards de francs. L’exportation,
qui était en 1899 de G milliards 490,189,541 fr., passe
chez les Américains, l’année suivante, à 7,526,610,753 fr.,
gagnant ainsi en un an i milliard 36 millions de francs !
La Chambre de commerce française de New-York, en
analysant ces chiffres, constate que les exportations de
l’année expirée sont doubles de celles de 1898, triples de
celles de 1872, quadruples de celles de 1869 et quintuples
de celles de i860, alors que les importations ne dépassent
celles de 1892, année qui détenait le record, que de i5 millions
de francs. Où s’arrêtera cette formidable expansion de
la production américaine, cet envahissement par elle du
marché mondial ? Nul ne le sait.
Les journaux économiques constatent que son premier
résultat sera de permettre aux États-Unis de racheter le
stock de leurs valeurs financières encore retenues en Europe.
Le vieux continent se trouvera contraint alors ou bien
de régler en numéraire sa dette croissante vis-à-vis de l’Union
américaine, ou de lui céder à son tour des valeurs continentales
dont il devra acquitter les coupons à ses anciens
débiteurs. La perspective est d’autant plus effrayante que la