Full text : Le problème de la marine marchande

LES  CIIAMIERS  DE  LA  TYNE  ET  DE  LA  WEAR.  2^3
faiilrtstique  f|iie  celui  du  panorama  de  rimmense  établissement, ­
  incendié  par  les  lueurs  aveuglantes  des  fours  en  pleine
ignition.
L’usine  reçoit  directement  le  charbon  des  houillères  voisines; ­
  le  minerai  de  fer  lui  arrive,  soit  des  exploitations
anglaises,  soit  des  riches  gisements  espagnols;  de  ce  charbon
et  de  ce  minerai  brut,  elle  tire,  par  ses  propres  moyens,  les
admirables  navires  que  son  industrie  crée  depuis  la  quille
jusqu’à  la  pomme  du  mat.
C’est  eu  i854,  au  moment  de  la  guerre  de  Crimée,  (jue
les  chantiers  Palmer  construisirent  leur  premier  navire  de
guerre  cuirassé,  sorte  de  batterie  flottante,  qu’on  nomma
la  Terror.  Cela  n’eût  pas  suffi  à  fonder  leur  réputation,  la
Terror  n’ayant  [)as  fait  grand  ouvrage.  Heureusement  pour
eux,  ils  out  lancé  par  la  suite  un  grand  nombre  de  navires
de  guerre,  (pii  devinrent  célèbres,  les  mastodontes  de
14,000  tonnes  nommés  Resolution,  Revenge,  Russell,  etc.,
etc.  C’est  de  leurs  cales  que  sortirent  les  infortunés  navires
espagnols  Marin-  Teresa,  Viscaya  et  Alniirante  Oquendo,
<|ui  furent  écrasés  par  la  flotte  américaine  de  l’amiral  Sampson ­
  dans  le  combat  naval  de  Santiago.
Le  cuirassé  Russell,  (pie  l’on  venait  de  lancer,  était  en  voie
d’armement  au  moment  où  je  me  trouvais  à  l’usine  de  Jarro ­
  w  ;  j’ai  pu  visiter  cet  échantillon  remarquable  de  l’art  naval ­
  anglais.  Long  de  12.3'",45,  large  de  2.3  mètres,  ayant  un
déplacement  de  i4,ooo  tonnes  et  mû  par  des  machines  de
18,000  chevaux,  il  semble  avoir  accumulé,  pour  sa  défense,
toutes  les  protections  possibles  :  des  cuirasses  de  178  millimètres ­
  d’épaisseur  en  acier  durci  protègent  ses  flancs  ;  des
blockhaus  de  3o5  millimètres  d’acier  harveyé  abritent  ses
gros  canons;  le  pont  principal,  qui  forme  le  toit  du  réduit
cuirassé,  a  5i  millimètres  d’épaisseur  entre  les  barbettes  qu’il
entoure  et  26"”",5  à  l’avant;  le  pont-milieu  a  25"^"b5  d’épais-
            
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