Full text : Le problème de la marine marchande

LA  QI  LS'JION  OUVUIKRE.  3l  y
concilions  du  travail  ».  On  leur  doit  la  plus  grande  partie  des
résultats  importants  obtenus  par  la  classe  ouvrière  en  ce  qui
concerne  raugmentation  des  salaires,  la  diminntion  des  heures
de  travail,  l’application,  le  maintien,  les  modifications  du
marché  collectil',  (jui  est,  de  plus  en  plus  devenu,  grace  à  elles,
l’usage  et  la  règle.  Et  alors  qu’en  France  les  conventions
passées  entre  syndicats  ouvriers  et  patrons  n’ont  aucune
force  juridiipie  précise  (la  jurisprudence,  sur  ce  point,  demeure ­
  tout  au  moins  jusqu’à  présent  bien  incertaine),  les
contrats  de  travail  passés  avec  une  trade-union  font  souvent
loi  pour  l’industrie  entière  et  l’on  voit  les  tribunaux  anglais
déclarer  (pi’ils  sont  applicables  même  aux  ouvriers  de  cette
industrie  qui  ne  font  pas  partie  de  la  trade-union.
Ce  n’est  ici  le  lieu  ni  le  moment  de  rechercher  et  d’analyser ­
  en  détail  les  raisons  diverses  de  l’influence,  du  pouvoir
et  de  la  prospérité  du  trade-unionisme.  Elles  sont  multiples  ;
l’évolution  économique,  commencée  plus  tôt  en  Angleterre,
le  développement  industriel  plus  grand,  la  situation  plus
favorable  du  marché  du  travail,  les  calculs  de  la  politique
anglaise  avec  sa  bascule  incessante  du  pouvoir  entre  les
libéraux  et  les  conservateurs,  la  liberté  du  groupement  ouvrier ­
  plus  tôt  obtenue  ('),  ont  successivement  ou  simultanément ­
  favorisé  le  monvement  trade-unioniste.  Mais  le  tempérament ­
  national,  la  mentalité  particulière  de  l’ouvrier  anglais
n’y  ont  pas  moins  contribué.
On  a  souvent  mis  en  parallèle  l’esprit  pratique  de  l’Anglais
avec  l’idéalisme  spéculatif  qui  caractérise  le  tempérament
français.  Cette  o[)position  ne  s’est,  semble-t-il,  jamais  mieux
accusée  que  dans  la  manière  dont  les  ouvriers  des  deux
pays  ont  entrepris  de  résoudre  le  problème  des  rapports  du

(i)  Elle  existe  en  Angleterre  depuis  1824.  En  France,  on  le  sait,  la  liberté  d’association ­
  professionnelle  ne  date  que  de  1884.
            
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