334 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
vrier français. L’ajusteur britannique, par exemple, reçoit,
d’après le Standard rate, pour 54 heures de travail, un sa
laire variant, suivant les régions, entre 4^ fr. 90 c. et
48 fr. 5o c. Pour un môme nombre d’heures de travail,
l’ajusteur nantais n’obliendra qu’un salaire variant, selon
que l’heure lui est payée o fr. 5o c. ou o fr. 60 c., entre 27 fr.
et 32 fr. 4« c. De môme le mouleur anglais gagnera de
44 fr. 10 c. à 4/ fr. 80 c., cependant que le salaire du môme
ouvrier à Nantes oscillera entre 24 fr. 3o c. et 35 fr. 10 c.
*
* *
C’est seulement dans le système épuisant du marchandage
que les salaires payés à l’ouvrier français peuvent s’élever ;
mais ici encore, ils ne sauraient prétendre à la comparaison
avec les chiffres anglais. Si, comme je l’ai vu aux chantiers
nantais de Chantenay, un forgeron travaillant au marchan
dage peut arriver à gagner jusqu’à 10 fr. par jour, soit 3oo fr.
par mois — ce qui est encore un assez joli denier — le môme
ouvrier en Angleterre peut, à moins qu’il ne chôme, obtenir
un gain de 25o fr. par semaine, soit 1,000 fr. par mois.
Donc, môme dans le cas de marchandage, les salaires de
l’ouvrier français ne peuvent approcher des salaires anglais :
on peut considérer que dans la moyenne, ces derniers leur
sont supérieurs au moins d’un tiers.
D’après l’enquôte de l’Office du travail, qui a porté sur les
résultats des années 1890-1892 ('), les salaires par journée
de travail, dans les établissements de constructions navales
ayant fourni des renseignements, étaient les suivants.
Tableau.
(i) Aucune enquête officielle n’a été faite depuis 1892. Des améliorations ont été obte
nues par les ouvriers, mais les salaires n’ont pas été augmentés dans une proportion
supérieure à 10 p. 100.