Full text : Le problème de la marine marchande

l’effort  nécessaire.  353
ilémoiilrer  serait  oiseux  Q.  Toutes  les  u  at  ions,  directement
ou  par  des  moyens  détournés,  viennent  en  aide  à  leur  marine
marchande.  L’AiKjleterre  favorise  la  sienne  par  des  remises,
des  ((  ristournes  »  sur  les  droits  de  quai  ;  l’Allemaquc,  par
des  encouraqcments  jiécuniaires;  l’Italie,  le  Japon,  les  États-Unis,
  par  des  primes.
Prétendre  nous  soustraire  à  roblifjation  commune  qui
courbe  sous  sa  loi  de  plus  puissants  que  nous,  serait  faire
preuve  d  ime  suffisance  bien  déplacée,  ou  d’une  méconnaissance ­
  absolue  de  nos  devoirs  envers  la  patrie.  Comme  l’a
dit  avec  infiniment  de  raison  la  Chambre  de  commerce  de
Bordeaux,  «  le  pays  doit  accepter  les  sacrifices  qui  lui  sont
demandés  dans  l’intérêt  de  la  marine  marchande,  comme  il
accepte  ceux  exiqés  pour  l’armée,  la  Hotte,  les  chemins  de
fer  stratéqiques.  »
Mais  il  y  a  protection  et  protection.  La  forme  primitive  et
barbare  —  si  j’ose  dire  —  du  réqime  protectionniste  consiste ­
  à  courir  sus  à  l’étranqer,  dès  ipi’il  fait  mine  de  franchir
la  frontière,  à  lui  mettre  la  main  au  collet  et  à  lui  dire  :
«  Tu  n’entreras  pas  on  je  te  dépouillerai.  »  L’idéal  de  cette
protection,  en  matière  de  marine  marchande,  c’est  la  siwiaxe
  de  pavillon.  Le  Gouvernement  de  1872,  qui  voulut
l’établir,  n’eut  qu’une  excuse,  et  M.  de  Rémusat,  ministre
des  affaires  étranqères,  s’empressa  de  l’invoquer  :  il  recherchait, ­
  par  celle  imposition  sur  le  pavillon  étranger,  le  moyen
de  «  hâter  et  d’assurer  l’acquittement  de  toutes  nos  charges,
et  j)ar  conséquent  le  moment  où  le  territoire  français  serait
libéré  ».  11  lallnt  celte  nécessité  sacrée  de  la  libération  duter-(1)

  «  La  marine  niarcliamle  a  besoin  d'une  proteelion  spéciale  non  seulement  parce
ipi'elle  sert  de  pépinière  à  la  marine  de  guerre,  mais  encore  parce  qu'elle  répond  à  une
(onction  économique  des  plus  importantes.  On  l'a  dit,  la  marine  marchande  est  comme
le  prolongement  de  nos  voies  (cirées  au  delà  du  continent,  c’est  donc  une  force  d’expansion ­
  coloniale  et  d'expansion  commerciale.  »  (Projet  de  loi  sur  la  marine  marchande.)
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ritonn.  mak.  .maiicii.
            
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