LE PROBLÈME DE L\ MARINE MARCHANDE.
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çais une flotte fictive, appartenant presque tout entière à nos
rivaux anglais et allemands, et qui, aux heures des luttes
suprêmes, se déroberait à la tâche et au devoir que nous
attendrions d’elle ; désormais aussi, disparaît la crainte que
l’industrie renaissante de nos chantiers soit écrasée dans la
rude bataille à laquelle on la conduisait un peu trop à la
légère.
Quant à l’armateur, s’il demeure, dans une certaine me
sure, soumis aux exigences des chantiers, la prime élevée
(pie lui attribue le projet, la possibilité de s’adresser, eneas
de besoin immédiat, au marché des navires anglais, la certi
tude de mettre en concurrence la construction de notre pays
avec celle des pays voisins, apportent un changement nota
ble et profond dans sa situation. Autant il avait raison de
s’élever contre la loi néfaste de i8g3, (pii le livrait sans dé
fense aux caprices des chantiers, autant il aurait tort de ne
pas accepter un modus vivendi, qui, s’il ne réalise pas son
rêve, tient cependant compte de ses désirs dans tonte la
mesure compatible avec les ressources financières de l’État
et l’intérêt de l’industrie et du travail nationaux.
IV. Réformes nécessaires.
Il ne suffit pas d’un texte législatif pour faire de nos ports
le rendez-vous de flottes nomlireiises, parsemer les mers de
navires battant le pavillon tricolore, emplir enfin nos chan
tiers du tumulte qui envahit, aux heures de travail, les
yards des bords de la Clyde et de la Tyne. Le miracle, s’il
fait encore recette, est bien démodé, et en l’escomptant d’une
loi même parfaite, on ris(pierait fort de s’attarder sous l’om
brage de l’orme proverbial.
Les primes, les subventions, les encouragements pécu
niaires sont évidemment nécessaires au relèvement de la