370 ï;R PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
de la France, peuvent, à la moindre alerte, accourir à leur
poste de combat beaucoup plus facilement que les équipages
dispersés sur les mers lointaines ;
Enfin et surtout, de ramener dans les limites d’une protection
judicieuse et raisonnable les larqesses coûteuses prévues
en faveur de navires de quinze et vinqt ans. A dix ans,
un navire, par les primes considérables qu’il touchera, peut,
acheté dans de bonnes conditions et utilisé av(;c intelligence,
amortir son capital. Une protection de quinze et de vingt ans
est excessive et dépasse le but par sou exagération meme.
Nous avons eu les « cueilleurs de primes » de la voile ; il
n’est ])as utile ({ue nous entretenions les « cueilleurs de
primes » de la vapeur — et je verrais même pour ma part
(¡uelque immoralité à ce que l’on abusât de l’effort patriotique
fait par le pays, pour servir aux spéculateurs des revenus
analoques à ceux qu’encaissent les voiliers.
11 est, en dernier lieu, une disposition que le Parlement
ferait peut-être bien de voter, pour sauvegarder l’avenir ;
elle consisterait à fixer le montant maximum annuel des
subventions allouées aux vapeurs — tant par la compensation
d’armement que par la prime à la navigation — à quarante
ou, si l’on veut, à cinquante millions par an. Dans le
cas où cette somme se trouverait dépassée par les créances
des ayants droit, la répartition s’opérerait au prorata du tonnage,
du parcours et de la vitesse.
Je n’ai pas la prétention de fournir un texte aux délibérations
législatives ; je me permets simplement d’esquisser,
à grands traits, le système que je crois le mieux capable
d’amener le relèvement de notre marine marchande. J’ajoute
que beaucoup des idées qui précèdent ne sont pas nouvelles.
Un bill déposé le 6 décembre 1899 au Sénat américain
préconisait, lui aussi, pour l’extension de la flotte
commerciale des Etats-Unis, un système de « demi-prime »