(i) Moniteur officiel du commerce, 3i janvier 1901.
LE PROBLÈME DE LA. MARINE MARCHANDE.
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youverneinent déclare dans l'exposé des motifs qu’il « a ré
solu de ne pas compter sur le revenu financier de ces voies
et de se contenter des résultats économiques qui en seront
la conséquence », affirmant ainsi sa foi dans le développe
ment économique qu’entraînera pour le pays autrichien la
réalisation de cette œuvre considérable.
L’Anqleterra, pourvue cependant d’un réseau ferré incom
parable, se préoccupe du même problème et s’apprête à
creuser de grands canaux. La Russie fait un effort colossal
pour améliorer ses voies navigables. La Belgique, la Hol
lande, etc., se hâtent de combler les lacunes de leur réseau
fluvial.
Aux États-Unis, ainsi que le remarque M. Heilmann('),
notre consul de Chicago, « l’opinion se montre de jour en
jour plus favorable à l’accomplissement des travaux néces
saires pour doter le pays d’un réseau de canaux qui, venant
s’ajouter aux quelque 30,000 kilomètres de cours d’eau
déjà navigables, mettrait en communication directe l’Atlan
tique et le Pacifique, la cAte du Maien et le Rio Crande. »
Les mêmes résultats favorables que l’on constate en Alle
magne se sont produits aux États-Unis, à la suite de la
construction de voies navigables. Le canal de l’Érié, par
lequel ne passent pourtant que 3 millions de tonnes de
marchandises par an, a fait de l’Etat de New-York le plus
prospère des États de l’Union,' et cela malgré les richesses
minérales supérieures de la Pensylvanie et les autres avan
tages que cet État possède. C’est sur les bords du canal de
l’Érié et de ses ramifications que se trouvent les plus grandes
villes de l’État de New-York, et la région traversée par ce
canal et son prolongement, l’Hudson, fournit 90 p. 100 des
revenus de l’État.