LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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tor à rAngleterre la maîtrise des mers, à rêver l’édification
d’un vaste empire colonial et, en même temps, à laisser
s’anéantir l’indispensable outil sans l’aide duquel notre
eilbrt, nos millions, seront dépensés en pure perte.
Les années ont passé là-dessus ; si notre flotte marchande
reste aujourd’hui ce qu’elle était à cette époque-là, du moins
avons-nous eu dans l’intervalle une satisfaction « patrio
tique » : celle d’entendre M. Cavaiqnac couvrir, en un dis
cours célèbre, au nom de la loi d’airain de la querre, les
coupables que son devoir était de flétrir] La loi d’airain! loi
commode qui permet d’absoudre les fautes, la ])aressc, le
manque de juqement et de méthode de nos diriqeants ! Loi
funeste qui endort dans le fatalisme las des peuples inqniis-
sants et veules la nation intelliqente et vive qu’est la France !
Loi mensonqère que rouqiraient d’invoquer les pays concur
rents, car ils savent que, sous son appellation pompeuse, se
dissimulent l’hésitation, le hasard, l’impéritie et la sottise !
11. Le budget de la marine marchande.
La France n’a cependant éparqné, pour conserver son
ranq de qrande puissance maritime, ni les efforts, ni les
sacrifices. Loin d’être pour la marine marchande une mère
dénaturée, elle l’a entourée de sa sollicitude, encouraqée,
aidée et soutenue par tous les moyens.
Elle s’est tout d’abord préoccupée d’aménaqer, pour les
mettre à la disposition de la flotte, une série de ports. En
moins d’un siècle, elle a dépensé, pour cet unique objet,
près de quinze cents millions. La Chambre des néqociants
commissionnaires et du commerce extérieur de Paris four
nissait à la commission extraparlementaire de la marine le
détail ci-après de cette dépense.