Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES

fait  de  relations  extérieures,  réglées  et  permanentes  entre  les  Etats
autonomes  ;  3°  —  la  volonté  de  ces  Etats  de  se  reconnaître  mutuellement ­
  comme  sujets  du  droit,  dans  les  limites  de  leur  communauté ­
  ».  Il  est  indéniable  que  les  trois  conditions  énoncées  par  Holtzendorff
  sont  présentes  dans  le  monde  grec  aux  jours  de  son
indépendance.  Il  y  avait  alors  un  système  d’Etats  autonomes  qui  se
reconnaissaient  mutuellement,  concluaient  des  traités  et  des  conventions, ­
  avaient  certaines  règles  et  formes  communes  pour  les  négociations ­
  entre  eux,  et  reconnaissaient  certaines  règles  de  droit  communes.
Il  y  avait  aussi  dans  le  monde  grec  une  opinion  publique  à  laquelle
les  Etats  séparés  ne  pouvaient  contrevenir  tout  à  fait  impunément.
Il  y  a  des  auteurs  qui  ne  veulent  pas  reconnaître  que  les  Grecs
avaient  développé  un  véritable  droit  des  gens.  F.  Laurent,  par
exemple,  exprime  ainsi  son  opinion  1  :  «  L’absence  d’un  véritable  droit
des  gens  entre  les  peuples  grecs  est  attestée  par  tout  leur  état
social.  »  Il  met  surtout  en  avant  la  façon  dont  les  Hellènes  toléraient ­
  la  piraterie,  et  par  là  même,  mettaient  leurs  rapports  internationaux, ­
  non  pas  sous  l’empire  du  droit,  mais  sous  celui  de  la  force
physique.  Ce  que  nous  avons  déjà  dit  plus  haut,  et  le  fait  même
du  grand  développement  acquis  par  la  pratique  de  l’arbitrage  international ­
  dans  le  monde  hellénique,  prouve  à  l’évidence  combien
l’assertion  de  Laurent  est  exagérée.
D’autres  se  demandent  si  l’on  peut  parler  d’un  véritable  droit  des
gens  chez  les  Hellènes,  parce  que  les  Hellènes  réservaient  le  bénéfice ­
  de  leur  règle  de  droit  international  aux  cas  survenant  entre  des
Etats  helléniques,  et  en  excluaient  tous  les  autres  peuples  qu’ils  appelaient ­
  des  Barbares  et  traitaient  comme  tels.  Bonfils  2 ,  par  exemple,
traite  le  droit  des  gens  hellénique  de  «  imparfait  et  rudimentaire  »,
et  la  raison  la  plus  forte  qu’il  donne  de  cette  appréciation  est  l’exclusivisme ­
  montré  par  les  Hellènes  dans  le  sens  sus-indiqué.  Cet
exclusivisme  des  Hellènes  est  indéniable,  bien  que  Tite-Live  le  peigne

Histoire  du  Droit  des  gens.  II  p.  118  et  ss.  —  !  loc.  cit.  p.  35.
            
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