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A. RÆDER
certitude à la question de savoir si les Athéniens, comme ils le pré
tendaient, avaient possédé Salamine à une époque plus reculée ; il
semble pourtant vraisemblable que ce n’avait pas été le cas, mais
qu’à l’origine Salamine avait été un Etat indépendant tombé plus
tard sous la dépendance de Mégare 1 , pour la navigation et le com
merce si étendus de laquelle la possession de Salamine devait avoir
la plus grande importance ; ce qui est certain, c’est qu’Athènes et
Mégare, à la fin du VII e siècle étaient en guerre au sujet de Sa
lamine.
Il semble que les Athéniens eurent le dessous dans cette lutte,
par suite de leur infériorité maritime et qu’ils pensaient à aban
donner le tout, lorsque Solon, vers l’an 610 â , décida ses compatriotes
à faire un effort qui conduisit à la conquête de Salamine, proba
blement avec l’aide d’aristocrates mécontents. 8
Les habitants de Mégare n’abandonnèrent cependant pas la lutte, 4
mais peu à peu ils furent fatigués de la guerre, d’autant plus qu’il
leur était nécessaire de défendre aussi leur puissance contre les me
naces venant d’un autre côté, dans la région de la Propontide. A
cause de cela, les parties s’entendirent pour faire trancher le différend
au sujet de Salamine, par l’arbitrage des Spartiates. Ceci a lieu peu
de temps avant l’an 600.
Sparte nomma 5 juges, dont Plutarque, qui est notre source prin
cipale, a conservé les noms : 5 * *
Critolaidas, Amompharetos, Hypsechidas, Anaxilas et Cléomène.
Ces personnages, à en juger par leurs noms, devaient appartenir
aux premières familles de Sparte ; Cléomène était un nom fréquent
1 G. Busolt, Griech. Gesch. II s p. 216. — 2 La chronologie suivie est celle de
G. Busolt, Griech. Gesch. II 2 * , p. 217 2 et p. 247. Voyez aussi E. Meyer, Gesch. d.
Alterthums II, § 403. — 8 Pausanias I, 40, 5. — 4 Plutarque Solon, 10 : Où pfp
dXXà Tcov Meyapécov empevovTcov jroXXà xaxà xai bprôvreç èv tcp TtoXépœ xai Ttáô/ovTeç
èTioníoavTo Aaxe&atpovíouç btaXXaxtàç xai bvxaorâç. — 5 Solon, 10, cfr. aussi
Ælian : Var. hist. VII, 19; Diogène Laërte I. 48; Aristote, Rhétorique I, 15,
p. 1375 b.