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LE HAUTfiPRIX DES LINGOTS,
tuation normale, si nous ne franehissons pas ce degré préliminaire,
et si nous ne détruisons pas complètement notre papier de crédit.
Si les directeurs de la banque avaient posé de sages limites au mon
tant de leurs émissions ; s’ils avaient obéi au principe qu’ils ont pro
clamé comme le régulateur de leurs émissions, quand ils étaient obligés
de payer leurs billets en espèces, principe qui consiste à borner leurs bil
lets à une somme capable de prévenir l’excédant du prix de l’or sur le
marché, comparé au prix de la monnaie; si, dis-je, ils avaient suivi
ces errements, nous ne serions pas aujourd’hui ejtposés à tous les j j
d^rdres d’une circulation dépréciée et continuellement mobile.
Quoique la banque retire d’immenses avantagësHu système^tueT,
quoique le prix de ses actions ait presque doublé depuis 1797 et que
les dividendes aient suivi cette progression, je suis porté à admettre,
avee M. Thornton, que les directeurs, comme capitalistes, souffrent
avee les autres de la dépréciation de nos monnaies. Leurs pertes sont
bien plus sérieuses que les avantages réunis qu’ils recueillent en
qualité d’actionnaires de la banque. Je les affranchis donc du soup
çon d’intérêt, mais leurs erreurs produisent des effets tout aussi per
nicieux pour la société.
Le pouvoir discrétionnaire dont ils sont revêtus, leur permet de ré
gler à leur lantaisie le prix auquel le propriétaire d’une espèce par
ticulière de valeur, nommée monnaie, peut en disposer. Les directeurs
de la banque ont imposé à ces détenteurs de monnaie tous les maux
d un maximum. 11 leur plaît aujourd’hui de faire passer 4L 10 s.
pour .3 1. 17 8. lü;‘2, il pourra leur plaire demain de faire descendre
4 1. 15 s. à la même \aleur ; peut-être, dans un an, 10 1. auront été
réduites au même taux. On voit combien sont mouvantes les ba
ses sur lesquelles repose toute propriété qui consiste en argent ou en
rentes payables en argent. Quelle garantie vient protéger les créan
ciers de l’État ? Qui leur assurera que l’intérêt de la dette publique ac
tuellement desservi en unités dépréciées de 15 pour cent ne Lra
pas bientôt payé avec des unités dépréciées de 50pour cent? Le pré
judice porté aux créanciers particuliers n’est pas moins sérieux.—
Ou peut acquitter aujourd’hui une dette contractée en 1797 avec
85 pour cent de son montant primitif, et qui peut dire où s’arrêtera
la dépréciation?
Les observations suivantes du docteur Smith à ce sujet sont telle-
“ïcnt graves, que je les recommande à T attention sévère de tous
les penseurs.
« L expédient le plus ordinaire par lequel on ait essayé de dégui-
{OEuv. de Ricardo.) 28