Contents: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA POLITIQUE DES RÉFORMES. 
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aussi favorables, et consérvale plus souvent au pouvoir les 
deux principaux auteurs de la Réforme, Ali-pacha et Fuad- 
pacha. 
Ils firent un nouvel effort très louable en promulguant en 
1864 la loi sur les vilayets. Elle peut donner une idée assez 
exacte de la limite des concessions où le gouvernement 
ottoman voulait se renfermer. Le vilayet, administré par un 
gouverneur-général ou vali — de là son nom — est divisé 
en arrondissements ou sandjaks, en cantons et en com 
munes. Chaque circonscription est pourvue d’un conseil 
administratif et d’un tribunal, en majeure partie électifs ; 
mais le corps électoral, très restreint, composé des fonc 
tionnaires et des chefs des communautés non musulmanes 
eux-mêmes élus par leurs coreligionnaires, ne fait que des 
propositions de noms sur lesquelles le vali statue en dernier 
ressort : c’est lui véritablement, c’est-à-dire un fonctionnaire 
musulman presque irresponsable, qui nomme les membres 
du conseil administratif et du tribunal destinés à contrôler 
ses propres actes;le principe démocratique de l’élection est 
bien reconnu, solennement inscrit dans la loi, mais appliqué 
de telle sorte que la prépondérance soit invariablement 
assurée à la classe mahométane. Par exemple, le sandjak 
d’Andrinople, peuplé de 4.000 musulmans et de 60.000 chré 
tiens, avait un conseil administratif composé de 11 musul 
mans et de 3 chrétiens. Ce serait une pure dérision si l’on 
ne rappelait la nécessité où était le gouvernement d’éviter 
le mécontentement des musulmans. Mais aussi que penser 
d’une telle réforme qui passa pourtant pour audacieusement 
libérale? 
Le gouvernement français persistait dans ses encoura 
gements ; il se rendait compte que les Turcs étaient le seul 
lien capable d’empêcher toutes les races de l’empire, 
Slaves, Grecs, Arabes, « de s’éparpiller en poussière russe, 
autrichienne, anglaise ». Mais il concevait mieux la néces 
sité de changer les mœurs des Musulmans, de détruire en 
eux ce fanatisme séculaire qui était le grand obstacle à la 
fusion des races et à l’organisation, de part et d’autre du 
Bosphore, d’un État moderne laïque. Ce ne pouvait être 
qu’une œuvre de longue haleine : il fallait transformer 
l’éducation même des vainqueurs et des vaincus, leur 
inculquer dès l’enfance le sentiment, inconnu aux uns 
comme aux autres, de la tolérance. Belle œuvre, digne du 
grand renom de la France, si ce n’est pas une chimère 1
	        
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