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A. RÆDER
Le résultat principal est en tout cas que le Conseil Amphictyonique
ne peut être considéré comme un tribunal ordinaire et obligatoire
d’arbitrage pour le monde hellénique, et que l’Amphictyonie, ou
aucune autre institution n’a été une confédération des Etats de
l’Hellade.
C. LARBITRAGE OBLIGATOIRE EN HELLADE
I. TENTATIVE DE PÉRICLÈS POUR RASSEMBLER LES ETATS HEL
LÉNIQUES AUTOUR D’UN TRIBUNAL D’ARBITRAGE PERMANENT
On doit donc abandonner l’hypothèse d’un tribunal d’arbi
trage obligatoire permanent, dans le monde grec, s’abritant sous
l’Amphictyonie et ayant à juger les différends des Etats entre eux.
Mais la pensée même de chercher à organiser un semblable tribunal
n’a pas été complètement étrangère aux Hellènes, bien que la tentative
de sa réalisation ait échoué. Périclès a donc nourri la pensée de
rassembler tous les Etats grecs du continent, de l’Asie Mineure, des
côtes de la Thrace et de la Macédoine et des îles en une grande
ligue ayant pour mission de mettre fin pacifiquement à tous les
différends pouvant surgir. Le prélude de ceci devait être un
congrès panhellénique à Athènes, et Périclès décida le peuple athénien
à en prendre l’initiative. Sur cette tentative extrêmement intéressante
Plutarque 1 nous donne les renseignements suivants: «Mais lorsque
les Lacédémoniens commencèrent à regretter la considérable aug
mentation de puissance des Athéniens, Périclès incita le peuple
athénien à nourrir des pensées encore plus hautes et à se croire
en mesure de résoudre des problèmes encore plus grands.
Il obtint d’abord une décision populaire décrétant d’inviter tous
les Grecs, aussi bien ceux qui habitaient en Europe que ceux qui
habitaient en Asie, aussi bien les petites que les grandes villes, à
envoyer des ambassadeurs à Athènes pour un congrès, au cours
duquel on devrait tomber d’accord sur la reconstruction des sanctuaires
1 Périclès c. 17.