VIII.
DISCOURS DU GARDE DES SCEAUX,
M. ROCCO, AU SÉNAT.
« HONORABLES SÉNATEURS !
«Ce projet de loi a eu une double chance: il a obtenu
l’assentiment presque unanime du Sénat et il a trouvé dans
le Bureau central et dans son éminent rapporteur une illus-
tration qu’il n’aurait pu souhaiter meilleure. Le rapport du
sénateur Schanzer contient en effet une explication précise
des intentions qui ont décidé le gouvernement à présenter
les réformes et une interprétation exacte des dispositions
juridiques par lesquelles la réforme est réalisée. Ce rapport
est donc le premier et le plus organique commentaire du
projet de loi; il constitue un document dont aucun de ceux
qui s’occuperont de cette question ne pourra se passer. Quant
à la discussion qui a eu lieu au Sénat, elle a été également
pour moi très réconfortante, Car elle a montré que toute la
structure organique du projet de loi a été parfaitement
comprise et approuvée par le Sénat.
«Les discours des sénateurs Bevione, Tanari, Zappi,
Soderini, Chimienti et Passerini sont une contribution impor-
tante à l’examen de ce projet de loi, et même le discours du
sénateur Loria, nonobstant quelques critiques dont je m’oe-
euperai sous peu, constitue une adhésion à certaines idées
fondamentales du projet, dont je prends acte avec satisfaction.
Comme on l’a fort bien remarqué ici, ce projet de loi est une
preuve de la continuité de la pensée fasciste, car l’idée d’un
règlement juridique des rapports entre le capital et la main-
d’œuvre, de l’entrée du syndicalisme dans l’Etat était
déjà dans le programme fasciste de 1921. Et il ne pouvait
en être autrement, car le fascisme est né comme un mouve-
ment spontané des foules et il devait être l’énergique et
équitable défenseur des intérêts des classes ouvrières.
«La valeur de ce projet de loi est donc triple; elle est
politique, juridique et sociale. Au point de vue politique,
le projet de loi représente la fin d’une ère, celle de l’indiffé-
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