l’effort nécessaire. 389
des voies d’eau étroites, où le surmenage des mariniers
est tel que ceux-ci ont notamment baptisé toute une partie
du canal de Saint-Quentin de ce surnom suggestif ; « la
vallée de Cayenne ».
Entre l’Ouest et l’Est*, pas de grande artère de communi
cation en dehors de la Seine ; de Marseille, tête du transit
français vers l’Afrique et l’Extrême-Orient, à Bordeaux,
issue vers le Nouveau Continent, et à Lyon, étape vers Paris,
aucune grande ligne de navigation; de Bordeaux à Cette,
un canal arrivé à son maximum de débit ; voilà, avec les
réseaux mieux conçus du Nord et de l’Est, le mince bilan
de nos richesses navigables. Dirait-on jamais ([ue ce fut un
ingénieur français, l’illustre Biquet, qui creusa, au xvn' siècle,
le premier des grands canaux européens?
Tandis que nous négligions la navigation intérieure, au
point de ne lui consacrer, en ces quinze dernières années, que
des sommes presque insignifiantes (entre 7 et 10 millions pal
an, ce qui représente à peine les frais d’entretien et quel
ques rares travaux), les nations concurrentes accomplissaient
de gigantesques efforts pour la développer. Bismarck faisait,
le 9 juillet 188G, adopter le fameux projet de loi qui a créé
la fortune de Hambourg et qui, en réalisant le grand canal
central partant du Bhin, aboutissant à l’Elbe par l’Ems et le
Weser, reliait l’ouest à l’est de l’empire et drainait vers le
grand port de la mer du Nord le trafic de l’Alsace-Lorraine,
de rObermünster, de la Thuringe, de la Saxe et du Brande
bourg. Avec l’Oder canalisée, la navigation fluviale péné
trait jusqu’aux confins de la Silésie, et avec la Vistule, par
Dantzig, elle recueillait tous les produits de la Pologne. Sur
le Rhin, 200 millions étaient dépensés. L’élan déterminé
par de pareils travaux fut tel qu’il se communiqua aux pays
voisins.
Rotterdam, Amsterdam, Anvers, entraînés par l’exemple,