l’effort nécessaire.
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fait tout son devoir envers la marine mardi ande que le jour
où il lui aura fourni les moyens de recueillir en quantité la
meilleure et la plus salutaire des primes — c’est-à-dire le
FRET !
« Le manque de fret est la principale, presque l’unique
cause du marasme de l’industrie de la marine marchande »,
constate M, Estier. Avec lui, nous répétons : c’est de ce côté
(ju’il reste encore à diriger un effort nécessaire ! Il faut amener
du fret français aux navires français !
Il n’y a équilibre dans aucun de nos ports entre les entrées
et les sorties des marchandises. Pour citer des chiffres,
eu 1899, le poids des marchandises ayant alimenté notre
commerce maritime avec l’extérieur, déduction faite des épaves
ou sauvetages et provisions de bord, a atteint 21,89,726
tonnes, dont 16,929,455 à Ventrée et 4,963,271 seulement
à la sortie. Les produits que nous demandons à l’étranger
représentent une valeur moyenne inférieure des deux tiers à
la valeur correspondante de la tonne que nous exportons.
Tandis que la portée moyenne du tonneau de jauge à l’entrée
est de 990 kilogrammes, elle se trouve à la sortie ramenée
à 4io kilogrammes.
Gela démontre que nous n’envoyons au dehors que des
marchandises riches et légères, dont les grands paquebots ou
cargos allemands et anglais, en passant à Dunkerque, au
Havre ou à Cherbourg, se servent pour compléter leur chargement.
Quant à nos bâtiments, il leur arrive souvent de
partir sur lest, c’est-à-dire de faire un voyage blanc (*). Les
armateurs, pour récupérer les frais qu’ils supportent ainsi en
pure perte, sont tentés, au retour, si l’occasion avantageuse
(1) M. Henri Kslier a calculé qu’en iggS, pour les expéditions sur pays étrangers, les
navires français ont emporté seulement 27,08 p. 100 de leur faculté de transport, tandis
que les navires étrangers venant chez nous compléter leur chargement prenaient,
proportionnellement à leur faculté de transport, un chilfre presque égal, soit 21 p. 100.