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ŒI VUES DIVERSES.
tante qu’elle ne le parait au premier abord, et M. Jiosanquet sentait
bien que c’était là Je sens que j'avais eu en vue. 11 a poussé l’obligeance
jusqu’à lixer mon interprétation dans un passage où elle semblait
obscure. 11 l’a fait de la manière la plus hal)iie et qui prouve com
bien il a su comprendre l’acception que j’attribuais à ces mots : Une
circulation excessive. Il fait observer sur ce passage, p. 86 : « Si
l’on adopte cette version, il deviendra presqu’inutile de rechercher,
de vérifier si l’excès du papier-monnaie est un fait. Nous devons
nous contenter de déduire de ses effets les preuves de son existence,
et nous efforcer d’établir que toute dépréciation, comme tout ren
chérissement de prix des marcbandises , a son principe et sa
cause dans le montant seul des agents de la circulation. » J’admets
franchement que tant que le haut prix des lingots et la ténuité
j de nos changes se perpétueront, tant que notre or conservera sa pu-
I reté, l’existence de 5 millions de bank-notes seulement dans la cir
culation ne me paraîtra pas un argument suffisant pour prouver que
notre système n’est point discrédité. C’est pourquoi lorsque nous
parlons d’un excès de bank-notes, nous voulons désigner cette por
tion des émissions totales de la banque qui peut actuellement avoir
cours, mais qui disparaîtrait si la circulation revenait à sa valeur en
lingots. Quand nous parlons d un excès de circulation eu province,
nous entendons cette portion du montant total des billets de banques
provinciales, qui ne peuvent être reçus dans la circulation, parce
qu'ils demeurent échangeables contre le papier de la Banque d’Angle
terre, et sont dépréciés relativement à ce dernier.
Cette distinction me parait répondre rigoureusement à l’objection
que M. Bosanquet formule en ces termes : « Mais faut-il donc con
clure de ce qu’il y a déjà dans la circulation plus de papier de ban
que que le pays n’eu peut absorber et employer, qu’une émission
exagérée des billets des banques de province n’entraiuera pas leur
dépréciation *> Si l’on admet, et comment le nierait-on? que le prix
des marcbandises doit partout s’élever ou ffécbir en rapport direct avec
l’accroissement ou la diminution des monnaies qui servent à leur
mouvement, ne verra-t-on pas une augmentation des monnaies de
Condres hausser le prix des marcbandises dans cette ville seule, a
moins qu’une partie de cette monnaie ne soit introduite dans la cir
culation des provinces ? La même hausse n’agirait-elle pas au con
traire sur les prix de la province seule, si la masse monétaire s’y était
accrue, et ne pouvait être convertie en circulation de Londres ou
avoir cours sur celte place. Si l’on admet la réalisation del’bypolbèse