— 191 —
La loi du 29 juillet 1919. — Pour conclure dé nouveaux
traités qui devaient se substituer aux’ premiers, on avait
d'autre part élaboré une doctrine qui prit corps sous là forme
de la loi du 29 juillet 1919.
Cette loi très discutée a été cependant la charte de nos
négociations économiques. Elle autorise le Gouvernement à
mettre en vigueur par simple décret des droits intermédiaires
calculés en pourcentages de réduction sur l’écart entre le tarif
minimum et le tarif général, ces droits intermédiaires étant
accordés aux pays étrangers comme des avantages consentis
en échange de contre-parties.
Il a semblé à certains que cette loi excluait l’idée de l’octroi
de la clause de la nation la plus favorisée. Interprétation
discutable, et qui a donné lieu à de nombreuses controverses.
Les uns disaient : « C’est une loi qui ne fait que s’ajouter au
régime déjà en vigueur ; du moment qu’il n’est pas indiqué
expressément que les lois précédentes sont abrogées, nous
pouvons toujours traiter sur. la clause de la nation la plus
favorisée ». D’autres, au contraire, et parmi eux la Commission
des Douanes du Sénat à la tête de laquelle se trouvait
M. Touron, affirmaient que cette loi devait abroger en fait les
dispositions antérieures et qu’on était contraint de ne plus
donner aux pays contractants que des droits intermédiaires.
Et de fait, dans les années qui suivirent la guerre, les
premiers accords commerciaux conclus furent négociés sur
la base de ces droits intermédiaires. C’était avec la Finlande,
l’Esthonie, la Tchéco-Slovaquie, la Pologne, plus tard l’Autri-
she, la Hongrie que ces droits étaient applicables.
Cela n’alla pas sans difficultés. A chaque fois que l’on entrait
en discussion avec les représentants de ces nouveaux peuples
Il fallait d’abord pendant d’interminables séances leur expli-
quer non seulement le mécanisme de la loi, mais encore
essayer de leur faire comprendre les raisons pour lesquelles
nous leur demandions en notre faveur la clause de la nation
la plus favorisée alors qu’en vertu de-notre propre doctrine
nous la leur refusions à eux.
À ce moment-là, selon un rite immuable, les délégués nous
demandaient de reprendre le train et d’aller en conférer avec
eur Gouvernement.
Et puis, quinze jours après ils revenaient, nantis de nouvel-
les instructions, et ils acceptaient, non sans amertume…….
Tout cela alla tant bien que mal tant qu’il s’agit de nations
neuves, de nations mineures en quelque sorte. Mais lorsqu’on
it. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX