Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA DEUXIÈME GUERRE DES BALKANS (1912-1913). 281 
1er des albanaises, y entretinrent un état d’incertitude, de 
pillage et de désordre sanglant, qui réduisit ces malheu 
reux pays à une pitoyable misère ; et ces bandes ne fai 
saient pas seulement le coup de feu contre les Turcs; aussi 
souvent au moins elles étaient en bataille les unes contre 
les autres : la proie musulmane disputée passionnément 
entre les Chrétiens. 
C’est pourquoi, après une vingtaine d’années de cette 
agitation endémique, les cinq dernières années (1908- 
1913) ont vu un bouleversement extraordinaire, de rudes 
guerres contre les Turcs et entre les Chrétiens, un des plus 
grands épisodes de cette interminable histoire de la Ques 
tion d’Orient; et, au moment où nous écrivons (octobre 
1913), il est difficile d’affirmer que ces pays soient dès 
lors assurés de la longue paix dont ils auraient tant be 
soin. 
La crise est née des affaires de Macédoine. L’action des 
bandes de divers drapeaux et la répression parfois rude 
des troupes turques y entretenaient une agitation qui 
attira l’intervention des grandes puissances, qui d’ailleurs 
n’avaient pas toutes des sentiments désintéressés. En 1903, 
la Russie et l’Autriche se mirent d’accord pour instituer 
en Macédoine un régime de pacification : c’est ce que l’on 
appelle le programme de Mürzteg, du nom du château des 
environs de Vienne où l’empereur François-Joseph et le 
tsar Nicolas II venaient d’avoir une entrevue à cette inten 
tion. 
Donc une gendarmerie internationale fut établie en 
Macédoine, composée de troupes d’Italie, de France, d’An 
gleterre, d’Autriche et de Russie ; une commission finan 
cière européenne fut chargée d’y percevoir les impôts 
nécessaires à l’entretien de cette force armée ; en sorte 
que cette province se trouva déjà soumise à l’administra 
tion de l’Europe beaucoup plus qu’à celle de la Turquie. 
C’était un nouveau démembrement qui se préparait, comme 
celui qui venait d’arriver en Crète. 
Ce fut le prétexte ou la raison dont se servit le parti 
jeune-turc pour tenter un mouvement révolutionnaire 
contre Abd-ul Hamid II. Depuis 1877, ce parti avait été 
traqué, pourchassé, décimé, réduit à l’exil. Il trouva à 
Salonique, à l’abri de la gendarmerie européenne, dans
	        
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