Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA  DEUXIÈME  GUERRE  DES  BALKANS  (1912-1913).  279
les  côtes  de  la  mer  Adriatique,  en  Dalmatie.  La  Bosnie  et
l’Herzégovine  sont  essentiellement  peuplées  de  Serbes.  Le
traité  de  Berlin,  en  mettant  ces  deux  provinces  entre  les
mains  de  l’Autriche,  fut  un  coup  terrible  porté  à  l’avenir
de  la  Serbie,  «  faucha  ses  espérances  jusque  dans  la  racine ­
  »  (Louis  Léger).  Il  est  impossible  de  dire  si  ces  espérances ­
  sont  absolument  mortes.  En  attendant,  éloignés  de
toute  côte  prochaine,  refoulés  par  l’Autriche  qui  monte  la
garde  sur  les  hauteurs  de  leur  frontière  occidentale,  les
Serbes  ont  été  dès  lors  poussés  vers  l’Archipel  le  long  de
la  vallée  du  Vardar  et  de  la  voie  ferrée  de  Belgrade  à  Salonique.

De  glorieux  souvenirs  historiques  les  inclinent  dans  la
même  direction.  Uskub,  sur  le  Vardar  supérieur,  fut  jadis
la  capitale  de  la  Grande-Serbie,  et  montre  encore  les
ruines  des  tours  construites  par  le  puissant  tsar  serbe,
Stéphane  Douchan.  Là  est  la  Vieille-Serbie,  c’est-à-dire  le
pays  de  Prizrend  et  de  Prichtina,  là  est  le  plateau  de  Kossovo,
  où  se  jouèrent  maintes  fois  les  destinées  de  la  péninsule ­
  des  Balkans,  où  périt,  au  Champ  des  Merles,  la  nationalité ­
  serbe  sous  les  coups  des  Ottomans  ;  mais  l’histoire  a
vu  d’admirables  résurrections.  En  tonteas,  d’Uskub  comme
forteresse  avancée,  avec  Koumanovo  à  l’Est,  Kossovo  à
l’Ouest,  les  Serbes  enfoncent  un  coin  solide  dans  la  direction ­
  du  Vardar  moyen.
Les  Bulgares  ne  sont  pas  des  Slaves  purs  ;  ils  paraissent
être  des  Tartares  slavisés  ;  leur  originalité  en  est  plus  forte
au  milieu  des  autres  races  balkaniques.  Ils  occupent  tout
le  pays,  du  Danube  à  l’Archipel,  de  la  mer  Noire  au  Pinde,
en  masses  compactes  ;  ils  sont  très  nombreux  en  Macédoine. ­
  Ils  se  distinguent  depuis  1870  des  autres  populations ­
  de  religion  grecque  ;  ils  ont  alors  fondé  un  exarchat
bulgare  indépendant  du  patriarche  de  Constantinople,  et
avec  lequel  ils  ont  pu  faire  une  active  propagande  religieuse ­
  et  nationale.
Ils  s’inspirent  du  souvenir  du  traité  de  San  Stefano  qui
avait  fondé  une  Grande  Bulgarie,  du  Danube  à  l’Archipel.
La  Grande  Bulgarie  avait  été  ensuite  considérablement
réduite  par  le  traité  de  Berlin.  Mais  Sofia,  leur  capitale,
aux  sources  de  l’Isker,  tout  près  de  celles  de  la  Strouma,
sur  les  pentes  du  Rilo,  au  milieu  de  la  Grande-Bulgarie,
            
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