Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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EN  ASIE.  —  ANGLAIS  ET  RUSSES.

Les  Anglais  encore  protestèrent  énergiquement.  Le  gouvernement ­
  russe  accepta  la  constitution  d’une  commission
anglo-russe  pour  la  délimitation  de  la  frontière  ;  mais  ils
en  retardèrent  les  travaux.  A  l’instigation  des  Anglais,
les  Afghans  occupèrent  le  petit  fort  de  Pendjeh,  sur  le
Mourgh-ab,  au  sud  de  Merv.  Le  général  Komarof,  malgré
les  menaces  des  officiers  britanniques,  y  courut,  battit  les
Afghans,  leur  tua  beaucoup  de  monde,  mit  garnison  dans
la  ville.
On  crut  que  la  guerre  allait  éclater  entre  la  Russie  et
l’Angleterre,  qui  pressèrent  leurs  armements.  Grâce  aux
dispositions  pacifiques  du  tsar  Alexandre  III  et  du  ministère ­
  Gladstone,  le  conflit  s’apaisa  et  la  commission  de  délimitation ­
  acheva  ses  travaux.  Les  Russes  acceptèrent  pour
frontière  une  ligne  qui  laissa  à  l’Afghanistan  les  défilés  de
Zulfikar,  en  avant  de  Herat,  mais  qui  leur  assura  la  possession ­
  incontestée  de  Saraks,  Merv,  Pendjeh.  Là  encore
l’Angleterre  enregistrait  le  fait  accompli.
Ce  n’est  pas  tout.  Aucune  convention  ne  fixait  la  frontièré
  russe  du  côté  du  Pamir,  aux  sources  de  l’Amou-Daria.
Ils  y  ont  profité  de  la  continuelle  anarchie  qui  trouble  l’Afghanistan. ­
  En  1891,  ils  y  ont  envoyé  une  expédition,  ont
battu  les  Afghans  à  Somatach  —  juillet  1892.  —  Un  nouvel ­
  accord  anglo-russe  a  partagé  ce  plateau  entre  l’Angleterre ­
  et  la  Russie,  au  mois  de  février  1895.  L’Afghanistan
est  tourné  par  l’ouest  et  par  l’est.  Le  camp  retranché  anglais
de  Peïchawer  est  menacé.  Les  avant-postes  des  Anglais  et
des  Russes  sont  face  à  face.
V.  —  La  situation  présente.
Dans  cette  seconde  moitié  du  siècle,  autour  de  ce  plateau
de  l’Iran  d’une  importance  plus  grande  encore  que  celle  de
Constantinople,  les  Anglais  n’ont  pas  réussi  à  occuper  fortement ­
  l’Afghanistan.  Les  Russes  ont  conquis  tout  le  Turkestan ­
  ;  ils  ont  fait  tout  le  chemin  pour  se  rencontrer  avec
leurs  adversaires.  Ce  n’est  pas  à  dire  qu’ils  doivent  aller
plus  loin  et  vaincre  aussi  sûrement  les  Anglais  que  les
khans  de  Boukhara  et  de  Khiva  ou  que  les  brigands  turkmènes. ­
  Il  convient  d’examiner  à  ce  sujet  les  avantages
respectifs  des  deux  empires  en  présence,  sans  toutefois  y
fonder  la  moindre  prophétie.
Les  Anglais  sont  les  maîtres  d’un  puissant  empire  :  du
            
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