Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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BYZANCE  ET  STAMBOUL.

les  Commène  l’empire  de  Trébizonde  ;  Théodore  Lascaris
fut  empereur  de  Nicée.
Il  semble  surtout  que  la  plus  grande  faute  commise  par
les  maîtres  de  cet  empire  latin  fut  de  ne  pas  s’entendre
avec  les  populations  chrétiennes  de  la  péninsule  des  Balkans, ­
  et,  à  cet  égard,  la  croisade  de  1204  marque  un  des
points  critiques  de  l’histoire  générale,  et  notamment  de
cette  histoire  de  l’Orient.  Qui  sait  si  elle  ne  fut  pas  l’unique
occasion  d’établir  solidement  sur  le  Bosphore  de  jeunes  et
vigoureux  États  chrétiens,  capables,  le  schisme  grec  étant
ainsi  presque  évité,  de  servir  d’avant-garde  à  l’Europe
contre  les  Turcs  et  l’Asie  musulmane  ?
Mais  il  y  a  à  peine  place  ici  pour  ces  réflexions.  L’empire
latin  excita  dès  sa  naissance  l’hostilité  de  l’empire  valaquobulgare
  qui  fut  son  premier  ennemi.  La  lutte  fut  ardente
entre  ces  frères  chrétiens,  entre  les  Croisés  et  les  Bulgares,
ou  Bougres,  comme  ils  disaient,  du  tsar  Johannitsa.  Le
14  avril  1205,  celui-ci  remporta  sur  Baudouin  la  grande
victoire  d’AndrinopIe;  il  envahit  la  Thrace;  le  Basileus
voulut  l’arrêter:  en  1207,  Baudouin  fut  pris  et  tué;  Johannitsa ­
  mourut  la  même  année,  et  son  empire  lui  survécut
peu.
L’empire  latin  lui-même  tomba  vite  en  décadence,  sous
Henri  de  Flandre,  puis  Pierre  de  Courtenay,  et  enfin  les  fils
de  celui-ci,  Robert  de  Namur  et  Baudouin  II.  Il  fut  peu  à
peu  resserré  autour  de  Constantinople  par  les  Grecs,  dont
le  patriotisme  s’était  réveillé  dans  le  malheur.  Les  Comnène
  de  Trébizonde  devinrent  bientôt  les  vassaux  du
sultan  turc  d’Iconium.  Le  despote  d’Epire,  un  bâtard  de  la
famille  des  l’Ange,  fit  la  première  tentative  sérieuse  pour
restaurer  l’empire  grec;  il  fut  battu  sur  les  bords  de  la
Maritsa  par  des  bandes  bulgares.  Théodore  Lascaris  était
plus  puissant  à  Nicée  :  il  avait  avec  lui  le  patriarche  grec.
Son  gendre  et  successeur,  Jean  Doucas  Vatatzès,  prit  Gallipoli ­
  dès  1235,  puis  Salonique.  Il  fut  renversé  en  1259  pat
Michel  VIII  Paléologue;  celui-ci,  deux  ans  après,  justifia
son  usurpation  :  par  surprise,  presque  sans  lutte,  il  rentra
dans  Constantinople  (1261).
L’empire  grec  reprenait  pour  deux  siècles  son  existence
pénible  ;  car,  en  dépit  de  cette  restauration  par  les  Paléologue, ­
  l’heure  de  la  décadence  est  venue.  Il  sombrera
dans  les  grands  bouleversejnents  de  peuples  qui  continuent
de  troubler  l’Asie.
            
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