Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES  FRANÇAIS  DANS  L’AFRIQUE  OCCIDENTALE.

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vraiment  de  la  situation  de  simple  comptoir  à  celle  de  colonie, ­
  en  attendant  qu’il  devint  le  noyau  d’un  empire  considérable. ­
  Ce  fut  l’œuvre  de  Faidherbe.  Saint-Louis  était
alors  serrée  le  long  de  la  côte  par  les  tribus  maures  de  la
rive  droite  du  Sénégal,  et  par  les  Peuls  ou  Toucouleurs  du
bassin  moyen  et  supérieur  de  ce  même  fleuve.  Les  environs
de  la  ville  furent  assez  aisément  débarrassés  des  bandits
maures  qui  empêchaient  tout  commerce  avec  l’intérieur.
Mais  les  Peuls  venaient  de  fonder  un  empire  redoutable
étendu  jusqu’au  Niger,  sous  le  commandement  d’un  audacieux ­
  marabout,  El-Hadj-Omar.  Fanatique  musulman,  il
avait  entendu  parler  d’Abd-el-Kader  dans  ses  pèlerinages
de  La  Mecque,  et  il  voulait  l’imiter,  être  plus  heureux  que
lui,  régner  en  maître  absolu  sur  un  vaste  empire  soumis
aux  lois  du  Coran.  En  quelques  années,  en  effet,  il  terrorisa ­
  les  tribus  nègres  de  Niger  et  du  Sénégal  supérieur,  conquit ­
  tout  le  plateau  du  Fouta-Djalon,  et  ne  douta  pas  qu’il
jetterait  aisément  à  la  mer  les  Français  du  Sénégal.  Le
choc  fut  rude  ;  mais  le  résultat  ne  se  fit  pas  attendre.  EI-Hadj-Homar
  vint  mettre  le  siège  devant  le  fort  de  Médine
qui  venait  d’être  construit  ;  il  y  parut  le  19  avril  1857  ;  il
conduisit  à  de  nombreux  assauts  ses  20.000  guerriers  ;  il
resta  quatre-vingt-quinze  jours  devant  le  village  défendu
par  une  centaine  d’hommes,  sous  la  direction  d’un  marchand ­
  français  Paul  H  oil  et  d’un  vieux  chef  indigène  Sambala.
  Alors  Faidherbe  arriva  en  remontant  le  fleuve  sur  une
canonnière,  \e  Basilic,  et,  le  19  juillet,  infligea  au  marabout
une  défaite  complète  à  laquelle  l’empire  toucouleur  ne  survécut ­
  pas.  Faidherbe  profita  du  prestige  que  lui  assura  cette
éclatante  victoire  pour  signer  des  traités  avec  un  grand
nombre  de  rois  du  pays,  pour  appeler  dans  la  colonie  les
capitaux  et  les  marchands,  pour  envoyer  vers  le  Soudan  les
premières  missions  qui  préparèrent  la  voie  à  l’expansion
française.  Les  onze  années  de  ce  gouvernement  (1851-1865)
furent  décisives  pour  l’avenir  du  Sénégal  et  de  l’empire
français  dans  le  Soudan.  Tant  il  est  vrai  qu’il  suffit  souvent
d’un  homme  pour  tirer  des  plus  modestes  prémices  les
plus  merveilleux  résultats.
Le  second  empire  d’ailleurs  ne  fit  pas  d’autres  efforts
dans  l’Afrique  occidentale.  Il  fut  davantage  préoccupé  de
l’Egypte  et  de  l’achèvement  du  canal  de  Suez  ;  il  eut  ainsi
dans  la  vallée  du  Nil  des  intérêts  de  premier  ordre  qui  détournèrent ­
  son  attention  du  Sahara  ou  du  Niger.
E.  Driault.  —  Question  d’Orient.  2i
            
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