Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EMPIRE  OTTOMAN.

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moins  illustre  que  celui  de  son  fils  ;  mais  il  remporta  de
grands  succès  en  Asie  et  y  constitua  aux  Osmanlis  l’empire
qu’ils  ont  à  peu  près  conservé  depuis.
La  Perse,  ijprès  Timour,  avait  été  quelque  temps  troublée ­
  par  des  querelles  entre  ses  descendants  et  divers
usurpateurs.  Elle  était  échue,  à  la  fin  du  xv®  siècle,  à  une
dynastie  nouvelle,  qui  devait  être  glorieuse  et  longue,
celle  des  Seffis  ou  Sophis.  Le  sophi  Shah-Ismaïl  avait
encouragé  contre  les  Ottomans  quelques  rivalités  parmi  les
chefs  turcs  de  l’Asie  Mineure  ;  ce  fut  l’occasion  d’un  conflit
semblable  à  celui  qui  jadis  avait  mis  aux  prises  les  Byzantins ­
  et  les  Sassanides  ;  mais  les  causes  en  étaient  différentes  :
ce  fut  une  guerre  religieuse  entre  deux  sectes  musulmanes
également  sûres  de  leur  foi  à  laquelle  elles  sont  restées
toujours  également  fidèles,  les  Sunnites  et  les  Chiites.
Les  Ottomans  sont  des  Sunnites  ;  ils  admettent  comme
aussi  digne  de  foi  que  le  Coran  lui-même  la  sunna  ou  les
commentaires  qui  ont  été  ajoutés  par  les  trois  premiers
khalifes  aux  enseignements  de  Mahomet.  Pour  les  Chiites,
les  trois  premiers  khalifes  sont  des  usurpateurs  ;  Ali  seulement ­
  fut  le  légitime  héritier  du  Prophète,  parce  qu’il  avait
épousé  sa  fille  Fatima  et  représentait  ainsi  le  principe  de
l’hérédité,  du  droit  divin  ;  ils  s’en  tiennent  par  suite  exclusivement ­
  au  Coran  et  considèrent  les  Sunnites  comme  des
hérétiques.  Ce  sont  en  quelque  sorte  les  protestants  de
i  Islam.
Sélim  fut  le  plus  fort.  Il  battit  les  Persans  à  Tchaldiran,
le  24  août  1514,  prit  Tauris  qui  était  alors  leur  capitale,
conquit  toute  la  région  de  l’Azerbaïdjan.  Dans  les  années
qui  suivirent,  il  reçut  la  soumission  des  chefs  de  la  Géorgie ­
  et  du  Kurdistan,  fut  maître  de  la  Mésopotamie  septentrionale ­
  et  de  tout  le  pays  qui  s’étend  jusqu’aux  déserts  de
la  Syrie.
Il  avait  espéré  contre  les  Persans  l’alliance  des  Musulmans ­
  de  l’Égypte,  Sunnites  comme  les  Osmanlis.  La  dynastie ­
  des  Eyoubites,  établie  au  Caire  par  Saladin,  s’était
éteinte  en  1250,  et,  depuis,  le  pouvoir  y  appartenait  aux
Mamelucks,  aristocratie  militaire  composée  des  chefs  de
guerre.  Redoutant  le  voisinage  des  Osmanlis,  ils  avaient  fait
alliance  avec  les  Persans  :  ce  fut  le  prétexte  dont  se  servit
Sélim  pour  les  attaquer.  Il  entra  dans  Alep  (1516)  et  prit
le  titre  sacré  de  «  Serviteur  des  deux  saintes  villes  de  La
Mecque  et  Médine  ».  Il  eut  bientôt  d’autres  succès,  s’em-
            
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